le 18 mai 2012

Articles de la catégorie « Dans nos communes »

La FNATH du Trait

Dimanche 26 février 2012

fnathDans la France des acronymes, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Certains nous sont plus familiers que d’autres. CDI, RSA, SIDA, H1N1, ONU, PSE emplissent notre quotidien et nos écrans. La FNATH c’est plus rare. Et pourtant chaque lettre qui le compose a son importance. Surtout que dans sa longue histoire des lettres ont du s’effacer ou être changées en cours de route. Parce que le combat attaché à cette histoire ou les réalités avaient tout simplement évolués. Au tout début, en 1921, il y avait la FNMIT, la fédération nationale des mutilés et invalides du travail. Cette fédération est née quand des hommes et des femmes courageux ont voulu agir contre les conditions de vie misérables des victimes d’accidents du travail. Leur détermination a très vite porté ses premiers fruits, et la solidarité n’a pas faibli, au contraire. Dès 1927, l’association a pris en charge la défense les accidentés, du travail ou civils. Plus tard, alors que la catégorie du “handicap” s’impose dans l’espace public, cette fédération décide d’accepter l’adhésion collective des membres de la FNMIP, fédération nationale des malades infirmes et paralysés. Cela donne naissance à la FNATH, fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés. Puis au fil des ans, la FNATH s’ouvre à des catégories de victimes d’accidents sans lien nécessaire avec une activité salariée. C’est donc tout naturellement qu’elle devient en 2003, la FNATH- Association des accidentés de la vie. Mieux, en 2005 , elle est reconnue d’utilité publique. Voilà ce que j’avais à l’esprit ce matin en pénétrant dans la salle Prévert pour assister à l’assemblée générale de la FNATH du Trait. Danielle Masson, la sémillante et dynamique présidente de la section locale m’attendait à la table d’honneur, entourée de Jean-Marie Aline, le maire du Trait, et de Messieurs Beaudoin et Carpentier qui représentaient la fédération et qui animent aussi la FNATH dans la canton de Lillebonne. Pierrette Canu, la conseillère générale, nous a rejoints. Devant un parterre d’une soixantaine de personnes, nous avons commenté les dernières mesures qui concernent les accidentés de la vie. Avec regret, quand il s’agit des franchises médicales ou encore de la fiscalisation des indemnités journalières. Avec satisfaction quand il s’agit de la mise en oeuvre de la loi de 2005 sur le handicap et notamment la question de l’accessibilité. Avec doute quand il s’agit de la promesse de l’augmentation de l’AAH (Allocation Adulte Handicapé). J’ai constaté avec plaisir la détermination des adhérents à vouloir défendre leur droit et à faire vivre concrétement la valeur de solidarité qui inspire depuis toujours l’association. C’est la même détermination qui avait poussé Baptiste Marcet à fonder la FNATH. En 90 ans, la fédération n’a presque pas pris une ride. Même si les 2500 adhérents de la Haute-Normandie se sentent parfois un peu seuls ou découragés pour mener leur combat et porter leurs revendications. D’où l’importance de les soutenir comme ce matin au Trait.

Les jardins ouvriers de Pavilly

Samedi 25 février 2012

pavilly5Le territoire que je représente compte nombre d’associations de jardins ouvriers ou familiaux. Et régulièrement j’assiste à leurs assemblées générales. Et très souvent j’y retrouve Monsieur et Madame Homo et Monsieur Benoit, respectivement président, secrétaire et trésorier de la Fédération de Seine Maritime des jardins ouvriers. Ce matin, je n’ai donc pas été étonné de me retrouver avec eux lors de l’assemblée générale de l’association des jardins ouvriers de Pavilly présidée par Philippe Metot. Dans la salle des gradins de la Maison pour Tous, ils étaient une quarantaine de jardiniers. Après la présentation des comptes et des projets d’activités pour 2012 par France David, très active au bureau de l’association, nous avons été invités à prendre la parole. Nous avons salué le travail réalisé bénévolement et encouragé les jardiniers à entretenir leurs parcelles avec toujours le même entrain. Les jardins ouvriers font partis de notre mémoire collective. A l’époque où nos vallées étaient recouvertes d’usines de textiles ou de manufactures, où l’on voyait des cheminées d’usines en briques rouges couvrir l’horizon,  ils dépendaient des entreprises comme Badin Sartel et permettaient aux salariés de ramener des légumes à la maison. La fermeture des usines et l’urbanisation ont fortement diminué le nombre de parcelles dédiées au jardinage. Mais les temps plus difficiles financièrement, le retour à la nature, l’envie de s’oxygéner, le besoin d’avoir une activité physique ont remis au goût du jour cette activité. Les anciens sont rejoints petit à petit par des plus jeunes. Il y a un véritable regain. Des communes prennent même l’initiative de mettre à disposition des terrains. Le Département de la Seine Maritime finance d’ailleurs les associations via la Fédération et les investissements nécessaires notamment pour les cabanes à jardin. Il participe également à l’exposition des jardins ouvriers organisé par la Fédération. Ce rassemblement connaît un beau succès. Il y avait plus de deux cent jardiniers cette année à Neuville-lès-Dieppe pour y présenter de magnifiques massifs récompensés par des prix. En 2014, l’exposition aura lieu au Trait. Ces soutiens sont indispensables pour encourager les présidents de ces associations qui ne ménagent pas leur peine pour les faire vivre. Leur tâche n’est pas aussi simple que cela. Il ne suffit pas de distribuer des parcelles une fois l’an. Il faut parer à tous les problèmes (vandalisme, non entretien de lopin, inondation…) et trouver des financements en permanence sans oublier maintenir la cohésion et régler les conflits d’usages. Bref ce n’est pas toujours une synécure. Monsieur Homo indiquait d’ailleurs qu’ils sont 20% en Seine Maritime à vouloir tout lâcher. Il faut souhaiter que le rassemblement des présidents qui se déroule le 14 avril à Pavilly leur redonnera du baume au coeur!

La santé fait salle comble

Vendredi 24 février 2012

restitution-sante Hier soir, à la salle Wappaléria de la Vaupalière, j’avais organisé comme je le fais de manière régulière depuis le début de mon mandat, une nouvelle édition des Rendez-Vous de la 5ème.

Cette soirée avait pour thème la santé et elle avait plus particulièrement pour but de faire la restitution du questionnaire santé qui avait été adressé à une grande partie des habitants de la circonscription au printemps dernier.

Preuve que la santé est un thème cher au cœur des Français, c’est devant une salle comble que j’ai présenté les résultats de cette enquête.

La santé est en effet un sujet majeur pour des Français comme l’illustre le dernier baromètre sur les préoccupations des Français publié par TNS-Sofres pour le mois de février 2012. La santé est le deuxième thème de préoccupation des Français avec 54% des sondés le citant parmi les sujets les plus importants, juste derrière l’emploi. Le contexte est marqué par une inquiétude sur l’avenir du système de santé qui s’exprime de plusieurs manières : la désertification médicale et les moyens de lutter contre, la hausse du coût des soins, et du reste à charge pour les ménages et le financement de la perte d’autonomie ou dépendance des personnes âgées.

Il est également à noter que la précarisation et la paupérisation d’une partie de la population conduit à des phénomènes inquiétants comme : le report ou l’abandon de certains soins (1 Français sur 4 indique avoir renoncé ou reporté des soins, à peine 55 % du montant des soins courants sont remboursés par la Sécurité sociale), le renoncement à une couverture maladie complémentaire (4 millions de Français n’ont pas de couverture maladie complémentaire)

J’avais convié à cette soirée deux experts qui ont répondu présent et ont bien voulu apporter leur contribution à l’animation de cette soirée-débat : Christian FERRO, Directeur-Général Adjoint de l’Agence Régionale de Santé de Haute-Normandie et Yvon GRAÏC, Président du Comité Interassociatif sur la Santé de Haute-Normandie.

J’ai donc commenté les éléments de réponse aux questionnaires que beaucoup d’entre vous m’ont fait parvenir. D’abord en dressant le portrait des « répondants », on s’aperçoit que beaucoup de femmes ont répondu et que la majorité des répondants sont âgés de + de 50 ans. Sur la question de l’accès aux soins, si le généraliste et le pharmacien sont les professionnels de proximité par excellence, on note à l’inverse que le spécialiste est plus souvent éloigné, pour 1 répondant sur 5 il est même très éloigné. En ce qui concerne le coût des soins, un point en particulier me paraît très préoccupant. Le questionnaire fait apparaître un chiffre de 20% de répondants ayant renoncé à des consultations pour des raisons financières ce qui est proche du niveau de réponse nationale qui s’établit à 25%.

Une série de propositions pour améliorer le système de soins a été soumise aux interrogés. On distingue assez facilement trois orientations qui emportent des réponses négatives : l’instauration d’une 2e journée de solidarité, l’obligation de souscrire à une assurance dépendance et le mécanisme de récupération sur le patrimoine.

A l’inverse deux propositions se distinguent par un taux d’approbation positif : l’augmentation de la CSG pour les pensions supérieures à 3000 € (43% de favorables contre 40% de défavorables) mais surtout 70% d’opinions favorables pour l’instauration d’une contribution sur les hauts revenus et les hauts patrimoines.

L’enseignement est donc assez clair, les répondants privilégient des solutions qui mettent à contribution les plus aisés, il y a donc une adhésion à un mécanisme de solidarité. Au contraire, les mesures qui pèseraient sur tous, indistinctement, sans prise en compte des revenus ou du patrimoine emportent un refus assez net.

Les autres propositions sont perçues positivement à commencer par l’extension de la CMU, la suppression des franchises médicales et enfin l’aide pour la souscription de mutuelles qui rencontre elle la plus forte adhésion.

Au travers du questionnaire, on peut donc mesurer plusieurs choses. Premièrement, c’est le sentiment pour toute une partie de la population que la santé coûte de plus en plus cher, et que l’offre de soins stagne dans notre territoire. Deuxièmement on note l’attachement de nos concitoyens à la proximité dans le domaine de la santé. En atteste les réponses concernant les professionnels de santé qui se doivent d’être physiquement à proximité des habitants. Troisièmement, c’est la demande d’une plus grande solidarité et d’une plus grande justice dans le financement de la couverture maladie et de la couverture de la perte d’autonomie ou dépendance.

Le chantier immense de l’offre de soins dans notre pays, notre territoire ne devra donc pas éluder ces questions mais au contraire, en associant les usagers, les professionnels de santé, les représentant de l’Etat et les élus, parvenir à de nouvelles solutions placées sous le signe de la solidarité.

Après cette présentation, les personnes présentes ont pu poser leurs questions et le débat fut très intéressant. Beaucoup d’élus se sont exprimés sur leur volonté de ne pas perdre leur médecin craignant qu’une fois parti en retraite le médecin de leur commune ne soit pas remplacé. Des participants ont évoqué leur situation : manque de moyens des médecins, offre de soins de plus en plus restreinte, difficulté à obtenir un rendez-vous avec un spécialiste à cause des délais d’attente de plus en plus longs, accueil dans les services d’urgence des hôpitaux. Une infirmière travaillant au sein d’un SIAD a fait savoir combien il était difficile de concilier son métier et offrir des soins à ses patients tout en faisant office de coordinatrice avec les autres professionnels de santé prenant en charge les mêmes patients.

En définitive, je suis heureux que ce thème ait mobilisé autant de personnes un soir pluvieux de février mais je sais par ailleurs et les débats l’ont montré, que la santé est un sujet sensible qui préoccupe tout le monde. L’intérêt d’une telle soirée, c’est de pouvoir s’exprimer sur le sujet, proposer des idées qui ont pu être soumises aux intervenants présents et en cela, je pense que ce débat était une réussite.

Paris Normandie ne doit pas disparaitre !

Vendredi 24 février 2012

bacheC’est les mots que j’ai tenus aux salariés, représentants syndicaux avec lesquels j’ai passé près de deux heures ce midi, à l’occasion du rassemblement organisé par l’intersyndicale dénonçant le comportement du Groupe Hersant Média, propriétaire du titre. La situation est très délicate, car la société accuse pour l’année passée un déficit de deux millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 40 millions. Lundi prochain, les représentants syndicaux en sauront davantage lors d’une réunion extraodinaire du Comité d’entreprise, qui aura a priori la confirmation de la transmission du dossier auprès du tribunal de commerce du Havre, qui devrait statuer mercredi prochain sur le sort de la Société normande de presse d’édition et d’impression, la SNPEI, qui édite notamment Paris-Normandie. Paris Normandie, dans les années 70, était tiré à 170 000 exemplaires. Aujourd’hui, le tirage est de 52 000 exemplaires en moyenne. La SNPEI, c’est 365 salariés dont 114 journalistes, sans compter les correspondants locaux qui maillent le territoire. meetingCe midi, ils étaient tous là, salariés, correspondants, élus locaux de toutes tendances pour dire non à la mort de ce journal local. La disparition d’un quotidien, est un mauvais coup porté à la démocratie, la liberté d’expression. C’est aussi un acteur du lien social sur nos territoires, je le mesure chaque jour. Et pour moi, Paris Normandie fait partie de notre patrimoine local, c’est pourquoi j’ai tenu à être aux côtés de ceux qui l’animent aujourd’hui.

Sauvegarder la Cour du Mont de Duclair

Jeudi 23 février 2012

cheque-cour-du-montCe soir, au théâtre de Duclair, la Maison des Jeunes et de la Culture organisait une réunion de soutien à son projet de préservation de la porterie et de la chapelle du Mont situées sur les hauteurs de la commune. Béatrice Renoux, sa présidente, et Hervé Millon, son directeur, avaient mobilisé pour l’occasion l’historien local, Patrick Sorel et Dominique Rousselet, la déléguée régionale de la Fondation du Patrimoine. L’un et l’autre se sont attachés à valoriser ce patrimoine remarquable et solliciter les éventuels soutiens financiers. Dans la salle, nombre de représentants associatifs et plusieurs élus dont le maire, Joseph Macé. Un public curieux et attentif. Un projet aux multiples facettes. J’en vois au moins trois qui ont motivé mon soutien à leur démarche. C’est d’abord une belle opération de préservation du patrimoine. Duclair en est riche. Comme le château du Taillis si bien mis en valeur par la famille Navarro. La vallée de la Seine en regorge. Comme les abbayes de Jumièges, Saint-Martin-Boscherville ou encore Saint-Wandrille-Rançon. La deuxième tient au fait que leur projet s’adresse à la jeunesse. Ils sont associés à toutes les étapes de la démarche. J’ai encore en mémoire la journée intitulée “100 arbres pour l’avenir”, moment inoubliable qui m’a permis de planter un arbre avec un enfant de la MJC le long d’une haie pour protéger la chapelle. Un chantier jeune à déjà permis par ailleurs de réaliser quelques travaux. Des parcours pédagogiques sont prévus. On a coutume de dire que l’éducation est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas. Ici c’est l’éducation autour d’un patrimoine appartenant à tous. Le troisième moteur de mon engagement, c’est la dimension environnementale du projet. Un verger conservatoire doit être réalisé à proximité des deux bâtisses. Une mare doit retrouver ses fonctions d’origine. Une démarche d’éducation à l’environnement est attendue en lien avec le Parc des Boucles de la Seine Normande. Patrimoine, jeunesse, environnement. Voilà donc un trépied cohérent, pertinent et enthousiasmant! C’est sur ce trépied que repose mon soutien affiché ce soir.

Vivre à la campagne

Mercredi 22 février 2012

depuis-caudebec” Territoires ruraux, territoires d’avenir” c’est le titre du rapport d’évaluation présenté ce matin à la commission de développement durable par mes collègues Jérôme Bignon et Germinal Peiro. Ils ont réalisé un formidable travail parlementaire alternant auditions et visites de terrain que retracent les 800 pages de leur rapport. Dans un monde de plus en plus urbanisé, les territoires ruraux constituent une richesse essentielle de notre pays : foncier, patrimoine, culture, mais aussi savoir-faire et intelligences locales. L’image du monde rural change, un regain démographique qui ne se dément pas depuis les années quatre-vingt-dix et avec la montée en puissance des valeurs environnementales. De nouvelles populations rurales sont issues d’un transfert en provenance des villes. La sociologie du milieu rural s’en trouve profondément affectée. Ces tendances lourdes je les ressens bien dans le territoire que je représente, aussi bien dans la vallée de la Seine , autour de l’agglomération rouennaise ou de l’agglomération havraise, mais également dans la vallée de l’Austreberthe et dans la vallée du Cailly. Force est de constater le sentiment largement répandu d’abandon du monde rural : réorganisation des services publics et au public, raréfaction de l’offre de soins, enclavement des territoires, retard dans l’équipement en communications électriques, inquiétudes sur l’avenir de la politique agricole commune (PAC), désindustrialisation, logements insalubres ou inadaptés… Le rapport présenté ce matin est sans concession. Il tente de dresser un état des lieux et avance plusieurs recommandations. J’ai apprécié ce travail de qualité. Plusieurs sujets abordés me tiennent particulièrement à cœur. Face par exemple aux problèmes croissants de démographie médicale, la question de l’accès aux soins apparaît comme la première attente des habitants des territoires ruraux. Les rapporteurs ont fait le constat que l’exercice de la médecine de façon isolée n’était plus adapté aux conditions prévalant dans les territoires ruraux. L’exercice pluridisciplinaire et le regroupement des professionnels de santé doit être recherché. Autre sujet d’actualité, le rapport recommande une action forte pour la préservation du foncier, pour lutter contre l’artificialisation des terres. Mais il évoque également des thèmes rarement traités quand on parle du rural. Comme par exemple le tourisme. la-5emeLes espaces ruraux français disposent d’un potentiel touristique très riche. Le constat généralement établi montre que 80% de la population fréquente de façon touristique 20% seulement du territoire ( littoral, montagne, stations touristiques classées …), alors que 70% du territoire national est rural. Il s’en suit une saturation des zones touristiques, avec des conséquences négatives en terme de développement durable, et une paupérisation des territoires ruraux environnants. Il faut s’intéresser aux arrière-pays ruraux. Autres sujets abordés dans ce rapport : dans le monde rural, les communications électroniques sont devenues des services de première nécessité tant pour les habitants que pour les entreprises; le maintien d’une desserte de transports de qualité représente un enjeu prioritaire; enfin le parc de logements en milieu rural est plus vétuste, largement individuel et plus inconfortable qu’en milieu urbain. La question du logement me paraît essentiel. 70% des ménages en zone rurale sont des propriétaires occupants. Les travaux attendus peuvent être incompatibles avec les revenus de ces propriétaires. On constate par ailleurs un déficit de logements sociaux locatifs (7% contre 20% en milieu urbain). Il faudra maintenant être attentif aux suites données à ce rapport. Il serait dommage qu’il prenne la poussière dans un placard. Les recommandations de nos deux rapporteurs méritent une traduction législative ou des décisions politiques fortes.

Déjeuner avec les Petroplus

Lundi 20 février 2012

petroplus11Ce midi, c’était pique-nique géant devant la raffinerie de Petroplus à Petit-Couronne. A l’inviation des deux communes Petit et Grand Couronne, plusieurs centaines de salariés, des commerçants, des responsables associatifs et une brochette d’élus locaux s’étaient donnés rendez-vous devant le site de production. Les salariés avaient encore réussi le pari de rassembler autour de leur combat pour préserver leur emploi une foule de soutiens. L’enjeu reste le même depuis des semaines : retrouver un repreneur doté d’une véritable stratégie industrielle. L’urgence est devenue depuis peu le redémarrage du site. Chaque jour qui passe rend plus difficile et plus coûteux le processus de redémarrage. Il faut mettre des millions d’euros sur la table. C’est une véritable course contre la montre. Comme toujours, les délégués syndicaux qui se sont succédés sur l’estrade ont fait preuve d’une  détermination à toute épreuve et d’une grande lucidité. Ils ont été très touchés par le formidable élan de solidarité qui entoure leur mouvement et qui ne faiblit pas depuis le début du conflit. nicolas-vincentJ’ai salué Nicolas Vincent, responsable syndical, jeune et motivé, qui assure une mobilisation depuis le début à chaque étape du mouvement. Il déploie beaucoup d’énergie pour informer sur leurs initiatives et déplacer les élus. Il s’occupe également des relations avec la presse. Il ne quitte plus son portable depuis plusieurs semaines. Je le connais bien. Il habite Pavilly. À l’image de ses 550 collègues il joue le tout pour le tout. Il n’échappe pas au découragement que connaissent ceux qui ont l’habitude de se battre. Mais il ne connaît pas la résignation. Son enthousiasme mérite d’être souligné. Des photographes ont amicalement et bénévolement proposé de tirer le portrait des 550 salariés de Petroplus. Comme cela avait été fait pour les ouvrières de Lejaby. Le portrait de Nicolas Vincent est saisissant. Haut parleur à la main, sourire aux lèvres presque rieur, chasuble rouge de la CGT, regard déterminé, debout droit comme la justice. Voilà ce qui le résume assez bien. Il faut souhaiter maintenant que ces clichés jaunissent comme les souvenirs d’un combat victorieux plutôt que les traces d’un site industriel disparu.

La Frenaye en bleu-blanc-rouge

Dimanche 19 février 2012

la-frenaye1Ce matin, dans la salle des mariages de La Frenaye, l’heure était au souvenir. D’abord le devoir de mémoire que s’emploient à faire vivre les anciens combattants. Les ACPG-CATM du canton de Lillebonne avaient en effet choisi la commune de La Frenaye pour tenir leur assemblée générale cantonale. Gérard Bellenger, leur président, accueillait pour l’occasion, Lucien Thorel, leur président départemental. Nicolas Beaussart, conseiller général et maire de Lillebonne, était également présent. J’étais assis entre Dominique Anneta, le maire de la commune, et Lucien Dessole, le président de la section locale. Retraite du combattant, pension militaire d’invalidité, campagne double, carte du combattant, allocation différentielle pour les veuves de guerre, moyens de l’ONAC, ont composé le menu des discussions. J’ai rappelé mon attachement au monde combattant. J’avais encore en mémoire ma participation la semaine précédente, à l’assemblée cantonale des ACPG-CATM du canton de Caudebec-en-Caux à Saint-Aubin-de-Cretot, présidée par André Linant et en présence de Martine Blondel, vice-présidente du Département, de Jacques Lelouard, maire du village et de plusieurs maires du canton. Dans les deux cas, la même ferveur et surtout l’ambition de faire reconnaître le droit attaché à ces générations de feu. On peut parfois s’interroger sur le sens donné aux manifestations patriotiques. Elles sont à mon sens l’expression d’un attachement profond aux sacrifices de quelques uns pour défendre plus qu’un territoire ou une idée, des valeurs, celles de notre République. Ce matin, c’était aussi l’heure du souvenir, car pour Dominique Anneta comme pour Lucien Dessole, ce rassemblement d’anciens combattants n’était pas sans rappeler le fameux 4 septembre 2010, jour mémorable pour La Frenaye. Le village était ce jour là pavoisé de drapeaux tricolores car il accueillait le ministre de la Défense de l’époque venu en personne inaugurer la nouvelle place dénommée en hommage aux anciens combattants. Je me souviens du défilé jusqu’au Monunent aux Morts. Des dizaines de porte-drapeaux, de la fanfare militaire, des enfants des écoles tout excités et solennels à la fois, de l’émotion des élus. Un air de fête emplissait l’atmosphère. Un ciel bleu, comparable à celui de ce matin, y donnait encore plus d’éclat. Ce sont ces impressions qui s’attachaient à moi au moment de quitter La Frenaye en fin de matinée pour faire un détour à Lillebonne pour assister à la fin de l’assemblée générale de l’amicale des sapeurs-pompiers avant de rejoindre le banquet des anciens de Houppeville. Monique Bourget, maire de la commune et son équipe municipale m’y attendaient, dans la salle du Vivier, pour partager ce rendez-vous de la convivialité. Plus de cent cinquante convives étaient attablés dans une ambiance bon enfant.

Des fermetures comme jamais

Samedi 18 février 2012

Le début de l’automne se caractérise par des feuilles qui tombent et qui se ramassent à la pelle. Depuis maintenant dix ans et encore plus ces cinq dernières années, la fin de l’hiver se caractérise par l’annonce de fermetures de classes. Les mauvaises nouvelles tombent et mobilisent les élus, les enseignants et les parents d’élèves. Le sacro saint principe de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans l’education nationale conduit à des aberrations. Pour rendre suffisamment de postes au ministère les recteurs, notent depuis peu à la performance, s’attaquent notamment aux postes en RASED. Derrière ce terme se cache une réalité. Certains élèves, plus fragiles, ont besoin d’être accompagnés, d’être entourés par des enseignants formes pour cela. Supprimer ces postes, c’est laisser sans réponse la détresse de ces enfants. Autre aberration, pour répondre aux objectifs du gouvernement, la logique comptable l’emporte sur le reste. Ils appliquent les mêmes ratios sans tenir compte des réalités locales sauf en ce qui concerne les zones dites prioritaires. On sait que l’école en milieu rural joue un role capital. Aménagement du territoire, service public local, attractivité, désertification, si ces mots ont encore un sens c’est souvent à travers l’école qu’il se niche. Affaiblir les écoles en milieu rural c’est très souvent fragiliser les villages. L’absence d’école ou des classes isolées font hésiter des parents quand vient l’heure de choisir son lieu d’habitation. Cette année comme les années précédentes, notre département est sévèrement touché par les mesures du gouvernement en matière d’éducation. On annonce plus de 65 fermetures de classes. Toujours la suppression de poste RASED. Des dotations horaires à la baisse dans les collèges et les lycées. Des postes de remplaçants disparus. La semaine dernière, j’ai été directement sollicité par des parents d’éleves et des élus. Ceux du collège Bernard à Barentin par exemple. Ou encore les élus du RPI de Montigny et La Vaupaliere, ceux de Pissy-Poville, de Duclair, du Trait, de Pavilly, de Caudebec-en-Caux, ceux du SIVOS de Triquerville, Touffreville la câble et Anquetierville, de Malaunay et de bien d’autres encore qui sont exaspérés par ces annonces. Ils mènent plusieurs actions pour se faire entendre.duclair14 De la pétition, à la manifestation comme aujourd’hui à Rouen, en passant par l’occupation d’écoles comme à Touffreville la Câble. Ce matin j’ai apporté mon soutien aux parents d’élèves de l’école Malraux de Duclair. Entourés du maire et des élus de son conseil, et de Pierrette Canu, la conseillère générale du canton, les parents d’élèves, très motivés et bien organisés, ont immobilisé quelques minutes le bac et se sont rendus en cortège à l’école pour remettre a la representante de l’inspecteur plus de 950 signatures d’habitants farouchement opposés à la fermeture annoncée. Le tout dans le calme. On ne peut pas rester les bras croisés devant des situations aussi aberrantes.

Des inquiétudes chez Legrand Normandie

Vendredi 17 février 2012

legrandCe matin, en présence du maire de Malaunay, Stéphane Deschamps, et de son premier adjoint, Guillaume Coutey, j’ai reçu une délégation syndicale du personnel de Legrand Normandie. Pendant une bonne heure, ils nous ont exposé leurs inquiétudes au sujet du projet de restructuration en cours. Le groupe compte aujourd’hui trois usines en Seine-Maritime, Fontaine-le-Bourg, Montville et Malaunay. À terme le site de Montville est appelé à fermer ses portes. Objectif rapatrier les personnels et certaines activités sur les deux autres sites de production. Motif invoqué, la crise de 2008 et ses conséquences en terme de perte de production. Frédéric Picard, Gilles Lallemand et Olivier Bunel, délégués CGT, nous ont expliqué que ce projet soulève de sérieuses craintes parmi les salariés. Ils ont le souvenir d’un précédent en 2009 quand pour les mêmes raisons le site de Brachy avait fermé. Et puis les plus anciens se souviennent que le groupe comptait encore pas loin de mille deux cent ouvriers il y a à peine dix ans contre autour de six cent aujourd’hui. Ils s’étonnent d’autant plus de ce projet de restructuration que dans le marasme économique actuel les trois sites de production étaient reconnus comme “rentables” d’après une récente expertise. Encore plus surprenant le site de Montville ne souffrant pas de manque de rentabilité. Certes ils ont la promesse d’investissements à venir, qui s’expliquent d’ailleurs en partie par le projet de déménagement. Et la re-localisation de la fabrication d’un produit réalisé actuellement en Hongrie. Mais dans le même temps, sur le site de Malaunay, il est prévu de réduire de moitié l’activité actuelle. Le groupe Legrand qui était au départ une grande et belle aventure industrielle et familiale, représente beaucoup dans la mémoire collective de la vallée du Cailly. Les sites de production sont dotés d’un personnel compétent et dont le savoir-faire industriel est reconnu. Les salariés ont besoin aujourd’hui d’y voir plus clair et de voir plus loin. Ceux qui ont connu le précédent de Brachy peuvent être découragés. Les autres connaître le doute et l’expectative. Nous avons pris l’engagement de soutenir leurs démarches afin d’en savoir un peu plus et nous avons rappelé notre attachement à la présence de Legrand sur le territoire. Le conseil municipal de Malaunay avait d’ailleurs lors de sa séance du 19 janvier fait voté une Motion dans ce sens.