La réunion, hier soir, du Conseil Départemental de l’Education Nationale appelle quelques commentaires et des réactions. Au rang des satisfactions, le retrait de deux annulations de fermetures à Yainville et le RPI Vatteville-la-Rue et Saint Nicolas de Bliquetuit. Dès le départ, il y avait mal donne. Les élus locaux et les parents d’élèves m’avaient très tôt alerté sur les chiffres de l’Education Nationale qui paraissaient pour le moins farfelus. Un comptage à la rentrée a permis de rectifier le tir. Du côté des déceptions, il y a l’école Les Genêts de Sainte Austreberthe, l’école La Champmeslé-Fontenelle de Barentin, l’école Jean Moulin de Notre Dame de Bondeville, et Prévost-Freinet à Villers-Ecalles, l’école Flaubert au Trait.
Mais il y a surtout l’école Thomas Corneille de Bouville. Là on frise l’aberration. La classe maternelle compte 33 élèves et ne pourra donc accueillir d’autres enfants, alors que des maisons seront livrées prochainement. On paye là cette obsession du chiffre qui ne tient pas compte des conditions d’enseignement des jeunes enfants. La décision de fermer une classe dès lors que la moyenne est inférieure à 25 élèves a eu raison du maintien du retrait de la maternelle de Bouville, dont la moyenne par classe après fermeture est de 24,75.
Devant les annonces d’hier soir, j’ai aussi un regret. On l’aura compris, c’est la logique Sarkozy de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux qui conduit à des suppressions massives de professeurs.
Résultat, localement les services de l’Education Nationale gèrent la pénurie.
Concrètement, projections pessimistes d’un côté et manque de professeurs de l’autre amène à habiller Pierre pour déshabiller Paul. Je l’ai vu à Canteleu où les effectifs ajustables à l’échelon communal obligent l’inspecteur à ouvrir une classe en en fermant une autre à l’école Flaubert, école qui méritait pourtant des efforts particuliers.
Devant ce genre de situation, un seul espoir, le changement. Depuis son arrivée au pouvoir l’UMP a supprimé plus de 65 000 postes d’enseignants, une véritable hémorragie. La gauche reviendra sur ce chapitre absurde de non-remplacement et redonnera à l’Education Nationale les moyens de remplir ses missions et d’abord celles d’offrir aux enfants des conditions d’études égales.

Aujourd’hui, c’était un peu la rentrée à l’assemblée nationale. Pas encore le début de la session ordinaire. Mais une session extraordinaire. Une sorte d’avant goût. Au menu : le deux en un. Un texte sur le plafond de garantie apporté par la France au Fonds Européen de Stabilité Financière était initialement prévu. Mais au dernier moment le gouvernement a glissé des articles précisant le plan de rigueur annoncé par Fillon. Concernant le plan d’aide à la Grèce force est de constater que le remède est pire que le mal. Ce plan, tardif et brutal, aggrave plus la situation qu’il n’apporte de solution efficace. Mais cela ne sert même pas de leçon. La preuve, le plan de rigueur du gouvernement peut se résumer par plus de taxes, moins de pouvoir d’achat, pas d’investissement et zéro croissance. Une CSG qui augmente et des complémentaires santé qui suivront le même chemin. Une fausse “taxe sur les riches” pour amuser la galerie. Cette taxe s’appliquera aux personnes ayant des revenus de plus de 250000 euros par part. Pour un couple cela fait déjà 500 000 euros! Pas forcément courant. Elle devrait rapporter 200 millions d’euros. Presque rien comparé aux 1,8 milliards d’euros de cadeaux fiscaux obtenus par le rabotage de l’ISF. Les ministres étaient à la peine pour justifier cette rigueur qui concerne d’abord les plus modestes. Non seulement ce plan n’est pas à la hauteur des enjeux mais il apparaîtra très vite comme un frein pour la croissance. On devine assez vite que les intentions du gouvernement sont ailleurs. Cette recherche de vertu budgétaire est surprenante pour un gouvernement champion des déficits et de la dette. L’ump nous a refait le coup de “la règle d’or”. La ficelle est quand même un peu grosse. Depuis plus de dix ans l’ump a creusé les déficits et tout un coup, comme par magie, voulant sans doute se racheter une conduite, elle veut donner des leçons en la matière. Si on veut une règle d’or qui s’applique au président Sarkozy et qui pourra nous préserver de lui, c’est de ne pas mentir ou faire de fausses promesses!
Agenda parlementaire très chargé ces dernières semaines. Le 28 juin dernier, je présentai le rapport et les conclusions de la mission d’information parlementaire sur les nuisances sonores dont j’étais co-rapporteur pour la commission du développement durable. En parallèle de cette mission, depuis deux mois, je suis également co-rapporteur pour cette même commission, d’un rapport parlementaire sur la gestion durable des matières premières. Donc, j’ai eu d’ores et déjà de nombreuses auditions à mener pour cette nouvelle mission. Et afin d’étayer nos travaux, je suis depuis mardi soir en Suède, avec mon collègue Michel Havard, co-rapporteur. Programme très chargé, mais aujourd’hui expérience des plus époustouflantes. 

Depuis hier soir, je suis au Danemark, dans le cadre d’une mission parlementaire sur les réseaux électriques et les énergies renouvelables. Ce déplacement vient à point nommer dans le cadre de mes travaux au sein de la commission du développement durable. Ce matin, 3 heures de bateau à la découverte du parc d’éoliennes off shore de Horns Rev1. Ce parc d’éoliennes fut construit en 2002 et est l’un des plus grands au monde. Il se situe à 10 kilomètres des côtes et est constitué de 10 colonnes de 80 éoliennes espacées de 560 mètres, elles se situent à 70 mètres au dessus du niveau de la mer. Elles furent construites par le constructeur d’éoliennes Vestas et sont actuellement la propriété de l’entreprise Elsam. Les fondations des turbines s’enfoncent dans le sol jusqu’à 24 mètres. Chaque éolienne pèse entre 439 à 489 tonnes. Chaque éolienne peut produire 2 mégawatts par heure et sa production annuelle s’élève à 4000 mégawatts. Nous avons poursuivi par le second parc, celui de Horns Rev2. En passant ‘Horn Rev” signifie “le banc du diable”, je vous laisse imaginer l’état de la mer.Ce second se situe à 14 kilomètres du 1er parc et à environ une trentaine de kilomètres des côtes danoises. Il fut inauguré en septembre 2009 et compte 91 éoliennes disposées en 13 rangées de 7 éoliennes chacune. Le développeur des parcs Horns Rev est l’entreprise Dong Energy. Les turbines de Horms Rev 2 peuvent créer 2,3 méga watts par heure et sont fournies par l’allemand Siemens. Les mâts de l’éolienne sont fixés au fond de la mer grâce à un monopieu qui est un cylindre enfoncé dans le sol jusqu’à 40 mètres sous le niveau de la mer. J’ai profité d’un bref retour sur terre, pour écrire ces quelques lignes avant de retrouver la délégation pour déjeuner avec Energinet, le Gestionnaire national du système de transport d’énergie du Danemark, sur la question de l’insertion des énergies renouvelables au sein du réseau électrique.
Hier, j’ai assisté toute la journée au colloque intitulé “Axe Seine” organisé au Zénith de la CREA. Plus de 1500 personnes, responsables associatifs ou syndicaux, élus, chefs d’entreprises, ou encore journalistes tapissaient les gradins. L’attractivité du territoire, le renouveau industriel, touristique et culturel de la vallée de la Seine, l’éco-mobilité, l’hinterland portuaire et les enjeux ferroviaires nourrissaient les différentes tables-rondes qui se sont succédées à un rythme soutenu. Les grands témoins, issu du monde économique, livraient leur confiance dans le développement de l’axe Seine. Plusieurs élus, dont Laurent Fabius ou encore Bertrand Delanoë, affichaient leur détermination. Le sentiment qui domine aujourd’hui, c’est qu’on avance. Notamment au sujet de la Ligne à Grande Vitesse dont le débat public devrait commencer prochainement avec, une fois n’est pas coutume, de l’avance sur le calendrier initial. Faire sauter le verrou mantois et réaliser une nouvelle gare dans le quartier de Saint-Sever à Rouen semblent acquis et même prioritaires. Reste la question du financement. L’Etat, à la peine sur ce sujet, a sorti de son chapeau une mission pour préciser le montant et définir une clé de répartition. Ce n’est pas gagné. Les sommes évoquées oscillent quand même entre 8 milliards et 13 milliards d’euros! Ce qui n’est pas rien. Surtout à l’heure d’une grande disette budgétaire. 5 milliards de différence c’est l’équivalent de trois exercices budgétaires d’un Département comme la Seine-Maritime. Il ne faudrait pas que la mission se transforme en mission impossible. Hier ces histoires de ” gros sous ” n’auront pas toutefois gâché la fête comme lors de certains repas de famille. L’assemblée était à l’unisson pour saisir cette formidable opportunité que représente le développement de l’axe Seine. On dit que l’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Hier l’avenir semblait appartenir à la Seine. Qui décidément est tout sauf un long fleuve tranquille.
On connaît l’expression consacrée des « hussards noirs de la République » en hommage à nos instituteurs en blouses noires qui ont fait les grandes heures de l’école laïque et obligatoire. Mardi soir, en rentrant dans les locaux de la mairie de Berville-sur-Seine, l’expression qui m’est venue à l’esprit devant l’assistance c’était plutôt les hussards « poivre et sel » de la République. Une quarantaine de délégués Départementaux de l’Education Nationale (DDEN) s’étaient en effet rassemblés pour rendre un hommage appuyé à Daniel Brequigny, Inspecteur d’Education, qui fait valoir ses droits à la retraite. Pour la plupart retraités de l’Education Nationale, ces hommes et ses femmes consacrent encore aujourd’hui beaucoup de leur temps à l’école, participant activement aux conseils d’école et défendant âprement les valeurs de la République. Seules, les quelques tempes grises trahissent leur âge car leur énergie reste intacte et leur motivation comme aux premiers jours. Yannick Dessole, Président des DDEN du canton, a organisé ce moment de convivialité autour de Daniel Brequigny pour saluer ses qualités humaines, son sens du service public et sa disponibilité. Nicole Basselet, Maire de Berville-sur-Seine, Claude Thomas-dit-Dumont, Maire de Bardouville, Pierrette Canu, Conseillère Générale du canton de Duclair et maire de Saint-Pierre-de-Varengeville, ainsi que Patrick Simon, Maire de Sainte-Marguerite-sur-Duclair étaient également présents.
Hier, le grand jeu, c’était de raconter “son 10 mai”. Joyeux pour les uns. Triste pour les autres. Témoins de première main, du genre “j’y étais” pour les uns. Récit de seconde main, du style “on m’a dit que” pour les autres. Le moins que l’on puisse dire c’est que ce jour n’a laissé personne indifférent. Il faut dire que la Cinquième République n’a connu qu’un seul président de gauche en la personne de François Mitterrand. Et il faut rappeler que la gauche est restée vingt trois ans aux portes du pouvoir avant le 10 mai 1981. J’ai aussi l’impression qu’en évoquant hier cet événement et la personnalité du président Mitterrand, le parallèle pouvait être fait avec la situation d’aujourd’hui. Et quel contraste entre les deux présidents! J’ai relu hier avec plaisir des écrits et des discours de François Mitterrand. Je reprends volontiers cette phrase qu’il emprunte à Victor Hugo dans un entretien avec la presse quelques jours avant l’élection présidentielle de 1981 : “la quantité d’avenir qu’on peut introduire dans le présent, c’est tout le succès d’un grand gouvernement”. On comprend mieux l’échec de l’actuel gouvernement qui tourne le dos à l’avenir. Hier pour commémorer ce jour de victoire pour la gauche, j’ai rejoins mes amis de Malaunay, de Notre-Dame-de-Bondeville et du Houlme qui avaient choisi de déposer des roses devant le portrait de François Mitterrand, au pied de la mairie, place Victor Schloecher. Ensuite nous nous sommes retrouvés pour partager des souvenirs et parler d’avenir.
Du haut de mes onze ans je me souviens à peine de ces heures qui appartiennent aujourd’hui à l’histoire et dont je ne pouvais deviner la charge symbolique. Malgré tout je me rappelle très bien ce souvenir, commun à beaucoup, de l’apparition à l’écran du visage en pixels de François Mitterrand. De la tension des premières lignes car le front dégarni n’était pas un indice suffisant. Des larmes de joie, difficiles à retenir, de mon père, marin au port de Rouen. Des sourires des membres de ma famille rassemblés devant la télévision. Des klaxons même timides qui s’entendaient de l’extérieur. De la méfiance de mon grand père, lui même ancien marin et qui avait connu 1936. Des tristes mines le lendemain au collège de quelques professeurs et des larges sourires affichés par la majorité d’entre eux. Hier on a aussi parlé avenir. On a parlé projet et primaires. Commémorer ne signifie pas nous installer dans une sorte de fatalisme ou de résignation. Le chemin emprunté par François Mitterrand est un chemin qui reste ouvert.
Hier matin avant de me rendre en séance, j’ai appris le décès de mon collègue Patrick Roy. Ce député, connu de nombreux téléspectateurs comme “l’homme à la veste rouge”, menait un combat forcément inégal contre la maladie. Dernièrement, sous le coup d’un traitement innovant, remis debout bien que physiquement très affecté, il nous avait retrouvé dans l’hémicycle. Chacun a encore en mémoire ses mots et cette phrase offerte à tous, “la vie est belle”. C’est vrai qu’il nous avait donné une bien belle leçon de détermination et de courage. De tous les bancs étaient venus des applaudissements nourris traduisant la joie de le retrouver. Il inspirait aussi le respect. Malheureusement ce ne fût qu’une courte parenthèse. La maladie l’a rattrapée. Elle nous prive aujourd’hui d’un ami et d’un homme de coeur. Comme si ce malheur ne suffisait pas, aujourd’hui en pleine séance de questions d’actualité, nous avons appris le décès d’une autre collègue de mon groupe, Françoise Olivier-Coupeau. Là encore foudroyée par la maladie. Cela nous a littéralement mis un coup au moral. La phrase de Patrick m’est revenue à l’esprit. “La vie est belle” disait-il. Sauf que là je la trouve moche. Vraiment très moche. 
