le 18 mai 2012

Articles de la catégorie « Mes points de vue »

Les jardins ouvriers de Pavilly

Samedi 25 février 2012

pavilly5Le territoire que je représente compte nombre d’associations de jardins ouvriers ou familiaux. Et régulièrement j’assiste à leurs assemblées générales. Et très souvent j’y retrouve Monsieur et Madame Homo et Monsieur Benoit, respectivement président, secrétaire et trésorier de la Fédération de Seine Maritime des jardins ouvriers. Ce matin, je n’ai donc pas été étonné de me retrouver avec eux lors de l’assemblée générale de l’association des jardins ouvriers de Pavilly présidée par Philippe Metot. Dans la salle des gradins de la Maison pour Tous, ils étaient une quarantaine de jardiniers. Après la présentation des comptes et des projets d’activités pour 2012 par France David, très active au bureau de l’association, nous avons été invités à prendre la parole. Nous avons salué le travail réalisé bénévolement et encouragé les jardiniers à entretenir leurs parcelles avec toujours le même entrain. Les jardins ouvriers font partis de notre mémoire collective. A l’époque où nos vallées étaient recouvertes d’usines de textiles ou de manufactures, où l’on voyait des cheminées d’usines en briques rouges couvrir l’horizon,  ils dépendaient des entreprises comme Badin Sartel et permettaient aux salariés de ramener des légumes à la maison. La fermeture des usines et l’urbanisation ont fortement diminué le nombre de parcelles dédiées au jardinage. Mais les temps plus difficiles financièrement, le retour à la nature, l’envie de s’oxygéner, le besoin d’avoir une activité physique ont remis au goût du jour cette activité. Les anciens sont rejoints petit à petit par des plus jeunes. Il y a un véritable regain. Des communes prennent même l’initiative de mettre à disposition des terrains. Le Département de la Seine Maritime finance d’ailleurs les associations via la Fédération et les investissements nécessaires notamment pour les cabanes à jardin. Il participe également à l’exposition des jardins ouvriers organisé par la Fédération. Ce rassemblement connaît un beau succès. Il y avait plus de deux cent jardiniers cette année à Neuville-lès-Dieppe pour y présenter de magnifiques massifs récompensés par des prix. En 2014, l’exposition aura lieu au Trait. Ces soutiens sont indispensables pour encourager les présidents de ces associations qui ne ménagent pas leur peine pour les faire vivre. Leur tâche n’est pas aussi simple que cela. Il ne suffit pas de distribuer des parcelles une fois l’an. Il faut parer à tous les problèmes (vandalisme, non entretien de lopin, inondation…) et trouver des financements en permanence sans oublier maintenir la cohésion et régler les conflits d’usages. Bref ce n’est pas toujours une synécure. Monsieur Homo indiquait d’ailleurs qu’ils sont 20% en Seine Maritime à vouloir tout lâcher. Il faut souhaiter que le rassemblement des présidents qui se déroule le 14 avril à Pavilly leur redonnera du baume au coeur!

La santé fait salle comble

Vendredi 24 février 2012

restitution-sante Hier soir, à la salle Wappaléria de la Vaupalière, j’avais organisé comme je le fais de manière régulière depuis le début de mon mandat, une nouvelle édition des Rendez-Vous de la 5ème.

Cette soirée avait pour thème la santé et elle avait plus particulièrement pour but de faire la restitution du questionnaire santé qui avait été adressé à une grande partie des habitants de la circonscription au printemps dernier.

Preuve que la santé est un thème cher au cœur des Français, c’est devant une salle comble que j’ai présenté les résultats de cette enquête.

La santé est en effet un sujet majeur pour des Français comme l’illustre le dernier baromètre sur les préoccupations des Français publié par TNS-Sofres pour le mois de février 2012. La santé est le deuxième thème de préoccupation des Français avec 54% des sondés le citant parmi les sujets les plus importants, juste derrière l’emploi. Le contexte est marqué par une inquiétude sur l’avenir du système de santé qui s’exprime de plusieurs manières : la désertification médicale et les moyens de lutter contre, la hausse du coût des soins, et du reste à charge pour les ménages et le financement de la perte d’autonomie ou dépendance des personnes âgées.

Il est également à noter que la précarisation et la paupérisation d’une partie de la population conduit à des phénomènes inquiétants comme : le report ou l’abandon de certains soins (1 Français sur 4 indique avoir renoncé ou reporté des soins, à peine 55 % du montant des soins courants sont remboursés par la Sécurité sociale), le renoncement à une couverture maladie complémentaire (4 millions de Français n’ont pas de couverture maladie complémentaire)

J’avais convié à cette soirée deux experts qui ont répondu présent et ont bien voulu apporter leur contribution à l’animation de cette soirée-débat : Christian FERRO, Directeur-Général Adjoint de l’Agence Régionale de Santé de Haute-Normandie et Yvon GRAÏC, Président du Comité Interassociatif sur la Santé de Haute-Normandie.

J’ai donc commenté les éléments de réponse aux questionnaires que beaucoup d’entre vous m’ont fait parvenir. D’abord en dressant le portrait des « répondants », on s’aperçoit que beaucoup de femmes ont répondu et que la majorité des répondants sont âgés de + de 50 ans. Sur la question de l’accès aux soins, si le généraliste et le pharmacien sont les professionnels de proximité par excellence, on note à l’inverse que le spécialiste est plus souvent éloigné, pour 1 répondant sur 5 il est même très éloigné. En ce qui concerne le coût des soins, un point en particulier me paraît très préoccupant. Le questionnaire fait apparaître un chiffre de 20% de répondants ayant renoncé à des consultations pour des raisons financières ce qui est proche du niveau de réponse nationale qui s’établit à 25%.

Une série de propositions pour améliorer le système de soins a été soumise aux interrogés. On distingue assez facilement trois orientations qui emportent des réponses négatives : l’instauration d’une 2e journée de solidarité, l’obligation de souscrire à une assurance dépendance et le mécanisme de récupération sur le patrimoine.

A l’inverse deux propositions se distinguent par un taux d’approbation positif : l’augmentation de la CSG pour les pensions supérieures à 3000 € (43% de favorables contre 40% de défavorables) mais surtout 70% d’opinions favorables pour l’instauration d’une contribution sur les hauts revenus et les hauts patrimoines.

L’enseignement est donc assez clair, les répondants privilégient des solutions qui mettent à contribution les plus aisés, il y a donc une adhésion à un mécanisme de solidarité. Au contraire, les mesures qui pèseraient sur tous, indistinctement, sans prise en compte des revenus ou du patrimoine emportent un refus assez net.

Les autres propositions sont perçues positivement à commencer par l’extension de la CMU, la suppression des franchises médicales et enfin l’aide pour la souscription de mutuelles qui rencontre elle la plus forte adhésion.

Au travers du questionnaire, on peut donc mesurer plusieurs choses. Premièrement, c’est le sentiment pour toute une partie de la population que la santé coûte de plus en plus cher, et que l’offre de soins stagne dans notre territoire. Deuxièmement on note l’attachement de nos concitoyens à la proximité dans le domaine de la santé. En atteste les réponses concernant les professionnels de santé qui se doivent d’être physiquement à proximité des habitants. Troisièmement, c’est la demande d’une plus grande solidarité et d’une plus grande justice dans le financement de la couverture maladie et de la couverture de la perte d’autonomie ou dépendance.

Le chantier immense de l’offre de soins dans notre pays, notre territoire ne devra donc pas éluder ces questions mais au contraire, en associant les usagers, les professionnels de santé, les représentant de l’Etat et les élus, parvenir à de nouvelles solutions placées sous le signe de la solidarité.

Après cette présentation, les personnes présentes ont pu poser leurs questions et le débat fut très intéressant. Beaucoup d’élus se sont exprimés sur leur volonté de ne pas perdre leur médecin craignant qu’une fois parti en retraite le médecin de leur commune ne soit pas remplacé. Des participants ont évoqué leur situation : manque de moyens des médecins, offre de soins de plus en plus restreinte, difficulté à obtenir un rendez-vous avec un spécialiste à cause des délais d’attente de plus en plus longs, accueil dans les services d’urgence des hôpitaux. Une infirmière travaillant au sein d’un SIAD a fait savoir combien il était difficile de concilier son métier et offrir des soins à ses patients tout en faisant office de coordinatrice avec les autres professionnels de santé prenant en charge les mêmes patients.

En définitive, je suis heureux que ce thème ait mobilisé autant de personnes un soir pluvieux de février mais je sais par ailleurs et les débats l’ont montré, que la santé est un sujet sensible qui préoccupe tout le monde. L’intérêt d’une telle soirée, c’est de pouvoir s’exprimer sur le sujet, proposer des idées qui ont pu être soumises aux intervenants présents et en cela, je pense que ce débat était une réussite.

Vivre à la campagne

Mercredi 22 février 2012

depuis-caudebec” Territoires ruraux, territoires d’avenir” c’est le titre du rapport d’évaluation présenté ce matin à la commission de développement durable par mes collègues Jérôme Bignon et Germinal Peiro. Ils ont réalisé un formidable travail parlementaire alternant auditions et visites de terrain que retracent les 800 pages de leur rapport. Dans un monde de plus en plus urbanisé, les territoires ruraux constituent une richesse essentielle de notre pays : foncier, patrimoine, culture, mais aussi savoir-faire et intelligences locales. L’image du monde rural change, un regain démographique qui ne se dément pas depuis les années quatre-vingt-dix et avec la montée en puissance des valeurs environnementales. De nouvelles populations rurales sont issues d’un transfert en provenance des villes. La sociologie du milieu rural s’en trouve profondément affectée. Ces tendances lourdes je les ressens bien dans le territoire que je représente, aussi bien dans la vallée de la Seine , autour de l’agglomération rouennaise ou de l’agglomération havraise, mais également dans la vallée de l’Austreberthe et dans la vallée du Cailly. Force est de constater le sentiment largement répandu d’abandon du monde rural : réorganisation des services publics et au public, raréfaction de l’offre de soins, enclavement des territoires, retard dans l’équipement en communications électriques, inquiétudes sur l’avenir de la politique agricole commune (PAC), désindustrialisation, logements insalubres ou inadaptés… Le rapport présenté ce matin est sans concession. Il tente de dresser un état des lieux et avance plusieurs recommandations. J’ai apprécié ce travail de qualité. Plusieurs sujets abordés me tiennent particulièrement à cœur. Face par exemple aux problèmes croissants de démographie médicale, la question de l’accès aux soins apparaît comme la première attente des habitants des territoires ruraux. Les rapporteurs ont fait le constat que l’exercice de la médecine de façon isolée n’était plus adapté aux conditions prévalant dans les territoires ruraux. L’exercice pluridisciplinaire et le regroupement des professionnels de santé doit être recherché. Autre sujet d’actualité, le rapport recommande une action forte pour la préservation du foncier, pour lutter contre l’artificialisation des terres. Mais il évoque également des thèmes rarement traités quand on parle du rural. Comme par exemple le tourisme. la-5emeLes espaces ruraux français disposent d’un potentiel touristique très riche. Le constat généralement établi montre que 80% de la population fréquente de façon touristique 20% seulement du territoire ( littoral, montagne, stations touristiques classées …), alors que 70% du territoire national est rural. Il s’en suit une saturation des zones touristiques, avec des conséquences négatives en terme de développement durable, et une paupérisation des territoires ruraux environnants. Il faut s’intéresser aux arrière-pays ruraux. Autres sujets abordés dans ce rapport : dans le monde rural, les communications électroniques sont devenues des services de première nécessité tant pour les habitants que pour les entreprises; le maintien d’une desserte de transports de qualité représente un enjeu prioritaire; enfin le parc de logements en milieu rural est plus vétuste, largement individuel et plus inconfortable qu’en milieu urbain. La question du logement me paraît essentiel. 70% des ménages en zone rurale sont des propriétaires occupants. Les travaux attendus peuvent être incompatibles avec les revenus de ces propriétaires. On constate par ailleurs un déficit de logements sociaux locatifs (7% contre 20% en milieu urbain). Il faudra maintenant être attentif aux suites données à ce rapport. Il serait dommage qu’il prenne la poussière dans un placard. Les recommandations de nos deux rapporteurs méritent une traduction législative ou des décisions politiques fortes.

Le 6 mai prochain, référendum contre la TVA sociale

Mardi 21 février 2012

Je viens de voter contre l’augmentation de la TVA voulue par la majorité UMP. Les raisons qui ont motivé mon choix ne manquent pas. Augmenter la TVA, c’est augmenter les prix. Augmenter les prix, c’est affaiblir encore plus la consommation déjà atone. Affaiblir la consommation, c’est enrayer le principal moteur de la croissance en France. Ce n’était vraiment pas le moment quand on sait la croissance en berne depuis plusieurs mois. Ce n’était pas vraiment le moment pour les Français qui viennent de subir coup sur coup deux plans d’austérité et leurs lots de hausses ou de taxes en tout genre. Ce n’était vraiment pas le moment à quelques jours d’un scrutin majeur. Surtout par une mise en œuvre programmée en octobre 2012. Maintenant les choses sont simples. Et puisque la majorité et son président-candidat sont devenus en quelques jours des fanatiques du référendum après en avoir ignorer le principe pendant cinq ans. Le véritable référendum c’est l’élection présidentielle! Nous l’avions proposé pour la TVA sociale. La majorité UMP n’en a pas voulu. François Hollande a été clair. Il fera abroger l’augmentation de la TVA. Le 6 mai le choix est donc entre un président sortant avec dans ses bagages la mise en œuvre de l’augmentation de la TVA en octobre 2012 et François Hollande qui reviendra dessus.

Déjeuner avec les Petroplus

Lundi 20 février 2012

petroplus11Ce midi, c’était pique-nique géant devant la raffinerie de Petroplus à Petit-Couronne. A l’inviation des deux communes Petit et Grand Couronne, plusieurs centaines de salariés, des commerçants, des responsables associatifs et une brochette d’élus locaux s’étaient donnés rendez-vous devant le site de production. Les salariés avaient encore réussi le pari de rassembler autour de leur combat pour préserver leur emploi une foule de soutiens. L’enjeu reste le même depuis des semaines : retrouver un repreneur doté d’une véritable stratégie industrielle. L’urgence est devenue depuis peu le redémarrage du site. Chaque jour qui passe rend plus difficile et plus coûteux le processus de redémarrage. Il faut mettre des millions d’euros sur la table. C’est une véritable course contre la montre. Comme toujours, les délégués syndicaux qui se sont succédés sur l’estrade ont fait preuve d’une  détermination à toute épreuve et d’une grande lucidité. Ils ont été très touchés par le formidable élan de solidarité qui entoure leur mouvement et qui ne faiblit pas depuis le début du conflit. nicolas-vincentJ’ai salué Nicolas Vincent, responsable syndical, jeune et motivé, qui assure une mobilisation depuis le début à chaque étape du mouvement. Il déploie beaucoup d’énergie pour informer sur leurs initiatives et déplacer les élus. Il s’occupe également des relations avec la presse. Il ne quitte plus son portable depuis plusieurs semaines. Je le connais bien. Il habite Pavilly. À l’image de ses 550 collègues il joue le tout pour le tout. Il n’échappe pas au découragement que connaissent ceux qui ont l’habitude de se battre. Mais il ne connaît pas la résignation. Son enthousiasme mérite d’être souligné. Des photographes ont amicalement et bénévolement proposé de tirer le portrait des 550 salariés de Petroplus. Comme cela avait été fait pour les ouvrières de Lejaby. Le portrait de Nicolas Vincent est saisissant. Haut parleur à la main, sourire aux lèvres presque rieur, chasuble rouge de la CGT, regard déterminé, debout droit comme la justice. Voilà ce qui le résume assez bien. Il faut souhaiter maintenant que ces clichés jaunissent comme les souvenirs d’un combat victorieux plutôt que les traces d’un site industriel disparu.

Des fermetures comme jamais

Samedi 18 février 2012

Le début de l’automne se caractérise par des feuilles qui tombent et qui se ramassent à la pelle. Depuis maintenant dix ans et encore plus ces cinq dernières années, la fin de l’hiver se caractérise par l’annonce de fermetures de classes. Les mauvaises nouvelles tombent et mobilisent les élus, les enseignants et les parents d’élèves. Le sacro saint principe de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans l’education nationale conduit à des aberrations. Pour rendre suffisamment de postes au ministère les recteurs, notent depuis peu à la performance, s’attaquent notamment aux postes en RASED. Derrière ce terme se cache une réalité. Certains élèves, plus fragiles, ont besoin d’être accompagnés, d’être entourés par des enseignants formes pour cela. Supprimer ces postes, c’est laisser sans réponse la détresse de ces enfants. Autre aberration, pour répondre aux objectifs du gouvernement, la logique comptable l’emporte sur le reste. Ils appliquent les mêmes ratios sans tenir compte des réalités locales sauf en ce qui concerne les zones dites prioritaires. On sait que l’école en milieu rural joue un role capital. Aménagement du territoire, service public local, attractivité, désertification, si ces mots ont encore un sens c’est souvent à travers l’école qu’il se niche. Affaiblir les écoles en milieu rural c’est très souvent fragiliser les villages. L’absence d’école ou des classes isolées font hésiter des parents quand vient l’heure de choisir son lieu d’habitation. Cette année comme les années précédentes, notre département est sévèrement touché par les mesures du gouvernement en matière d’éducation. On annonce plus de 65 fermetures de classes. Toujours la suppression de poste RASED. Des dotations horaires à la baisse dans les collèges et les lycées. Des postes de remplaçants disparus. La semaine dernière, j’ai été directement sollicité par des parents d’éleves et des élus. Ceux du collège Bernard à Barentin par exemple. Ou encore les élus du RPI de Montigny et La Vaupaliere, ceux de Pissy-Poville, de Duclair, du Trait, de Pavilly, de Caudebec-en-Caux, ceux du SIVOS de Triquerville, Touffreville la câble et Anquetierville, de Malaunay et de bien d’autres encore qui sont exaspérés par ces annonces. Ils mènent plusieurs actions pour se faire entendre.duclair14 De la pétition, à la manifestation comme aujourd’hui à Rouen, en passant par l’occupation d’écoles comme à Touffreville la Câble. Ce matin j’ai apporté mon soutien aux parents d’élèves de l’école Malraux de Duclair. Entourés du maire et des élus de son conseil, et de Pierrette Canu, la conseillère générale du canton, les parents d’élèves, très motivés et bien organisés, ont immobilisé quelques minutes le bac et se sont rendus en cortège à l’école pour remettre a la representante de l’inspecteur plus de 950 signatures d’habitants farouchement opposés à la fermeture annoncée. Le tout dans le calme. On ne peut pas rester les bras croisés devant des situations aussi aberrantes.

François Hollande au zénith

Jeudi 16 février 2012

tribune1Hier soir, c’était d’abord un François Hollande au zénith de sa forme que j’ai retrouvé pour un grand rassemblement en Haute-Normandie, la terre de son enfance. Devant plus de dix mille personnes et pendant plus d’une heure, il a défendu avec force ses valeurs, ses engagements pour la France et ses espérances pour les Français.zenith

Serein et déterminé sur la forme. Convaincant et clair sur le fond. Redressement de la France, justice pour les Français, espoir pour la jeunesse de France. Rien ne le fera dévier de sa route entamée il y a déjà plusieurs mois. Ni le voile qui se lève sur la candidature du président sortant, un secret de polichinelle de la part d’un homme qui n’a cessé d’être en campagne permanente depuis 2007, utilisant abondemment les moyens de la République pour servir son ambition personnelle. sceneNi les annonces de référendum à répétition qui surprennent de la part d’un président qui a refusé aux Français la parole au moment du nouveau traité européen en 2007 et qui rejette aujourd’hui la possibilité aux Français de décider ou non l’augmentation de la TVA. Ni les attaques caricaturales d’une droite aux abois. Un jour elle moque l’absence de projet et de propositions de François Hollande. Le lendemain elle critiquent vertement les engagements du candidat de la gauche, les accusant au mieux de ruiner la France au pire de nous revenir à l’ère glaciaire. Oubliant au passage que malheureusement la France est déjà exsangues de dix ans de droite. public1Dette abyssale, déficits records, chômage galopant, déficit commercial creuse comme jamais. Voilà bien le triste bilan auquel le désormais candidat-président sortant cherche à échapper. Et pour cela il n’hésite pas agiter les peurs et à diviser un peu plus les Français. Le contraste était saisissant hier soir. D’un côté un François Hollande voulant rassembler les Français. cb-publicDe l’autre un président sortant cherchant à les diviser. Pour beaucoup de normands, la journée d’hier ne sera pas celle d’une candidature prévisible mais le jour d’une belle visite de François Hollande dans sa terre natale. Au moment de son arrivée à la mairie de Rouen l’apres-midi, accueilli par Valérie Fourneyron et Laurent Fabius et avant de se rendre dans l’Eure sur le site de M-RÉAL, j’ai eu le plaisir d’entendre un homme évoquant ses souvenirs de jeunesse, le Rouen de son enfance et confier son attachement à ce territoire. Un territoire qui dans un Zénith plein comme un œuf, lui a fait un bel accueil!

Le référendum quand ça l’arrange !

Mardi 14 février 2012

Cet après-midi avec soixante six collègues de mon groupe nous avons déposé une motion référendaire au sujet du projet d’augmentation de la TVA. Nous voulions que l’assemblée décide par un vote de soumettre cette question sensible au référendum c’est-à-dire au peuple. Le président sortant redécouvre les vertus du peuple à quelques jours seulement de la fin de son mandat et sur des sujets aussi différents que l’indemnisation du chômage ou la procédure d’expulsion des étrangers en situation irrégulière. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait avant ? Pourquoi ne l’a-t-il pas fait en 2007 après avoir renégocier un nouveau traité européen? Pourquoi ne l’a-t-il pas fait sur l’éducation, promesse de campagne de 2007? Et pourquoi aujourd’hui les députés de l’UMP ont-ils rejeté massivement ce référendum ? Peur du peuple? Sans doute quand on sait que cette augmentation passe mal chez les Français. Mais surtout cela met à découvert la manœuvre du président. Pour séduire les électeurs de l’extrême droite il utilise le référendum sur des sujets populistes n’hésitant pas à manier la caricature. C’est un vieux classique chez l’UMP que de s’attaquer aux chômeurs plutôt qu’au chômage. Le discours est connu. Tous les chômeurs sont pareils. Ils ne veulent pas travailler. C’est méconnaître la réalité que de véhiculer ce discours. Même si beaucoup de personnes à la recherche d’un emploi sont parfois découragées. La plupart ne rêvent que d’une chose c’est de pouvoir décrocher un emploi décent. Il ne faut pas confondre le comportement d’une poignée avec la difficulté du plus grand nombre. Certes il existe des personnes qui refusent des stages ou des formations qualifiantes. Mais ce que je rencontre le plus dans mes permanences ce sont plutôt des gens à qui on a refusé un stage ou une formation! Personne ne refuse de débattre sur ce sujet. Mais la ficelle est un peu grosse. Le président sortant ne vise qu’à diviser encore un peu plus les Français. On voit bien que cette idée de référendum remis au goût du jour le temps d’une campagne ne sert qu’à remettre en selle un homme qui cherche à échapper à son triste bilan. La preuve quand il s’agit de soumettre l’augmentation de la TVA au référendum ces fidèles soutiens crient au loup. Pour monsieur Sarkozy c’est décidément le peuple quand ça l’arrange, le référendum quand ça l’arrange!

Séance de nuit contre la TVA “antisociale”

Mardi 14 février 2012

Après plusieurs rendez-vous en mairie et une visite à l’école Saint Exupery à Grandcamp, j’ai rejoins hier soir l’hémicycle pour le début de la discussion sur la fameuse TVA sociale souhaitée par l’UMP. Cette séance de nuit inaugurait une longue série d’echanges plus au moins vifs. Elle a commencé par un véritable camouflet pour l’UMP. La commission des finances avait en effet rejeté majoritairement le texte présente par le gouvernement. Certains députés de l’UMP s’étaient fait porter pâle. La colère de l’Elysee a du être grande. Car pour la séance de 21h30 les rangs de la majorité était garnis. Les députés UMP ont donc rejeté massivement les deux motions défendues par la gauche. Ils sont restés sourds et cois devant les arguments qui démontrent l’incohérence de cette mesure. Cette augmentation de la TVA pèsera sur le portefeuille des Français. Il est à craindre des augmentations des prix. Et donc un ralentissement supplémentaire de la consommation pourtant moteur essentiel de la croissance en France et fortement en berne aujourd’hui. La droite n’a que le mot compétitivité à la bouche. On se souvient de cet argument utilisé en boucle et sans doute use à force au moment de la suppression de la taxe professionnelle soit disant favorable a la compétitivité. On connaît la suite. Perte de recettes pour l’Etat et pour les collectivités locales et aucun effet positif pour l’emploi ou pour notre balance commerciale dont le déficit s’est encore plus creuse depuis. Le tour de passé-passe est pourtant clair. D’un côté le gouvernement fait cadeau des cotisations patronales qui finançaient la branche famille. De l’autre elle compense en augmentant la TVA, l’impôt le plus injuste, que payent tous les Français. Les grands perdants sont donc les Français et notamment les plus modestes déjà sévèrement touchés par la crise. Certes le gouvernement promet des emplois à venir. Sans doute après les élections. Cette séance de nuit n’est que le prélude d’une longue bataille. D’abord au Parlement. Et dans les urnes d’ici une soixantaine de jours.

Petroplus nous concerne tous

Vendredi 27 janvier 2012

Les nouvelles se succèdent à un rythme soutenu au sujet de l’entreprise Petroplus et de son site de Petit-Couronne.

Mercredi dernier, le 25 janvier, le site était placé en redressement judiciaire. Jeudi, on apprenait qu’une enquête avait été ouverte pour faillite frauduleuse concernant le site. Les comptes de Petroplus France font en effet apparaître des mouvements suspects selon des sources proches de l’enquête.

Une illustration de la véritable opacité qui règne autour du groupe suisse, dont le siège social est installé dans une commune de 26.000 habitants mais qui compte près de 30.000 sièges d’entreprises dont 18.000 se consacrent à des activités financières.

J’ai eu l’occasion de me rendre à deux reprises sur le site pour apporter mon soutien aux salariés. D’ailleurs, depuis début janvier, à l’occasion des cérémonies de voeux, dans de très nombreuses communes de la circonscription, j’ai rencontré de nombreux salariés ou d’anciens salariés de la Shell, comme on l’appelle encore. Beaucoup sont troublés de voir cet outil industriel mis à mal. Beaucoup sont inquiets du sort des salariés du site mais aussi de plusieurs sous-traitants du port. Car Petroplus, ce n’est pas que la raffinerie, c’est aussi 10% de l’activité du port de Rouen, mais aussi 10% de l’activité de celui du Havre. On mesure combien une éventuelle fermeture du site serait dramatique demain.

Cette situation soulèvent de nombreuses questions auxquelles nous devons collectivement apporter des réponses immédiates et concrètes. L’avenir du raffinage est en France, c’est un fait. Nous ne pouvons en effet nous résoudre à abandonner ses activités indispensable au maintien de notre indépendance énergétique. Ce fut d’ailleurs l’objet d’échanges très intéressants il y a quelques semaines lorsque je me suis rendu sur le site d’Exxon Mobil à Notre-Dame de Granvenchon.

Afin de conserver ce véritable savoir-faire français et seinomarin nous devons prendre des actes : la structuration de filières industrielles puissantes, la mise en place d’écluses tarifaires au moyen de normes sociales et environnemantales que les produits importés devront respecter et enfin de véritables moyens pour la justice financière comme j’en soulignai l’urgence il y a quelques mois dans une interpellation au Gouvernement.

Je reste entièrement mobilisé aux côtés des salariés de la raffinerie de Petit-Couronne dont je salue le courage et la volonté dans ces instants difficiles.