le 07 septembre 2010

Articles de la catégorie « Mes points de vue »

Le Président parle …à lui-même

Mercredi 14 juillet 2010

 Les téléspectateurs attentifs n’auront pas été dupes de l’intervention du Chef de l’Etat lundi soir sur France 2. Avec un aplomb déconcertant, le regard planté dans celui de David Pujadas, Nicolas Sarkozy a enchaîné les contre-vérités sollicitant les faits avec acharnement pour justifier l’existence des niches fiscales, le taux de chômage et les chiffres de la compétitivité. Entre autres choses, le Président de la République a déclaré que la France était le pays qui travaillait le moins. Or les salariés français travaillent plus en moyenne par semaine (36,5 heures en 2008) que les Allemands (34,6 heures), les Scandinaves (34,5 heures), les Néerlandais (30 heures) ou encore les Américains (33,9 heures).
Le Chef de l’Etat a embrayé sur la question du chômage, en soutenant que les pays l’ayant le plus réduit sont ceux qui ont augmenté leur temps de travail. Mais c’est l’inverse qui est exact: les pays ayant réduit leur temps de travail sont ceux qui ont les taux de chômage les plus faible. Les Pays-Bas (4,3% en mai 2010); la Norvège (3,7%), l’Allemagne (7,5%), le Danemark (6%) alors que le taux de chômage harmonisé approche 10% en France.
Quant au sujet de la compétitivité française, Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois affirmé ce qui est devenu un adage inepte dans le camp de la majorité: « Les 35 heures ont détruit la compétitivité ». Or celle-ci s’est améliorée de 1997 à 2002, période durant laquelle la France avait un excédent extérieur compris entre 20 et 30 milliards d’euros. Depuis 2003, le solde extérieur n’a pas cessé de fondre, pour se transformer en un déficit croissant à partir de 2005, passant même la barre des 40 milliards en 2009.
Mais ce n’est pas tout. Selon le Président de la République, un bouclier fiscal comparable à celui français existerait également depuis 20 ans en Allemagne, alors même que cette disposition a été supprimée outre-Rhin en 2006. La justification politique du bouclier français pâtit là-encore de la volonté du Président de tordre le cou aux faits. « De tous les pays du monde, a ajouté Nicolas Sarkozy, la France est celui qui taxe le plus les contribuables aisés ». Difficile à croire, quand il est avéré que le seul autre pays européen disposant encore d’un bouclier fiscal, le Danemark, peut taxer jusqu’à 59% d’un haut revenu tandis que le taux effectif d’imposition du revenu en France est de 25% pour les 1000 plus hauts revenus et tombe à moins de 20% pour les 10 plus hauts revenus. Par ailleurs, d’après Nicolas Sarkozy, la France serait également « le pays qui taxe le plus les entreprises ». Mais ici encore, en raison des niches fiscales (la niche Copé, pour exemple), le taux d’imposition réel des sociétés est très éloigné du taux théorique de 33,3%. Il tombe à 20% pour les entreprises de plus de 500 salariés et est inférieur à 13% pour les entreprises de plus de 2000 salariés. Une injustice fiscale parmi d’autres.

Le bilan de l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy se résume également à un fait, chiffré et précis quant à lui: 68% de la population française s’avoue mécontente de la politique et des actions du Président de la République. Qu’importe, le Président parle à lui-même.

Potion amère pour le service public de santé

Dimanche 11 juillet 2010

Le service public de santé aura-t-il encore un contenu dans quelques années ? Ou bien va-t-on ouvrir grandes, très grandes, les portes de la médecine à deux vitesses ? Je constate malheureusement que les verrous de ces portes sautent au fur et à mesure des décisions. Celle qui s’est confirmée récemment et que nous devrions voir officialisée au début du mois d’août, concerne les activités de chirurgie et les maternités de 54 hôpitaux menacés de fermeture dans les trois prochaines années. C’est l’une des nombreuses mesures du plan de rigueur sur la santé qui, sous couvert d’économies à réaliser, focalise les efforts pour favoriser le secteur privé au détriment du secteur public. Aujourd’hui, dans 54 villes de France - généralement de taille moyenne - on redoute la fermeture de l’hôpital local.
En Seine-Maritime, nos établissements seraient apparemment épargnés. Même si l’hôpital de Lillebonne a été cité dans cette liste, la prise en compte des actes de la critique le mette à l’abri du couperet. Nicolas Beaussart, maire de LIllebonne a reçu des assurances de la part du directeur de l’Agence Régionale Santé. Nos voisins de l’Eure, à Bernay, à Gisors et à Pont-Audemer, ne peuvent pas en dire autant. Une chance pour les habitants de notre département ? Pas vraiment. Ce n’est pas parce que les établissements ferment que les habitants ne sont plus malades ! Il faut s’attendre à ce qu’une partie des malades eurois soient dirigés vers les établissements de Seine-Maritime. Nous le savons tous : les délais pour obtenir un rendez-vous, pour subir une intervention, sont parfois longs. Si nos établissements doivent accueillir davantage de patients, cette attente risque d’augmenter. Qui plus est, aujourd’hui, le gouvernement fixe à 1500 le nombre de séjours annuels qu’un établissement doit enregistrer pour être “rentable” - c’est désormais un mot courant dans le vocabulaire de la sanitaire, il faut s’y faire ! Demain, ce seuil peut encore être relevé ; il concernerait peut-être alors des établissements seinomarins. C’est pourquoi il me semble particulièrement important d’être extrêmement vigilants quant à ce qui se passe en matière de service public de la santé. Nous sommes tous concernés.

Les retraites, parlons en!

Lundi 5 juillet 2010

retraitesLe débat qui s’est engagé voici quelques semaines sur la réforme de notre système de retraite représente un enjeu majeur de société. Dans les semaines qui viennent le Gouvernement dévoilera entièrement son projet. Nous connaissons d’ores et déjà les premières orientations : recul de l’âge légal de départ à la retraite, allongement de la durée de cotisation, baisse des pensions, etc.
L’avenir de nos retraites est un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Je crois en la qualité de notre système de retraite par répartition, juste et solidaire, qui garantit à chacun une retraite bien méritée après de longues années de travail. Je sais néanmoins que celui-ci est perfectible et ne prend pas en compte des enjeux aussi important que la pénibilité ou les inégalités hommes/femmes. Avant de me prononcer au sein de l’Assemblée nationale sur cet enjeu majeur pour les années à venir, je souhaite, comme à l’accoutumée, confronter mon point de vue et mes idées avec toutes celles et ceux qui le souhaitent. Aussi je vous invite à venir discuter de l’avenir de notre système de retraite au cours de 5 rencontres qui auront lieu :
- lundi 5 juillet à 18h30 à Duclair, salle des halettes et à 20h30 à Pavilly, à la Maison pour tous,
- vendredi 9 juillet à 18h30 à Caudebec-en-caux, salle de la base de loisirs (Route de Villequier) et à 20h30, à Lillebonne, Théâtre Juliobonna,
et lundi 12 juillet, à 18h30 à Malaunay Espace Pierre Néhoult.

Une mobilisation réussie

Jeudi 24 juin 2010

manif1Ce matin, après avoir tenu ma permanence à Canteleu, de 7h00 à 9h30, j’ai rejoint la rive sud de la seine, au traditionnel point de rendez-vous pour les mobilisations. Et là, dès mon arrivée, j’ai senti que quelque chose d’énorme allait se passer à Rouen, vu les nombreuses personnes qui cheminaient comme moi vers le cours Clémenceau. manif11J’ai retrouvé les militants du parti socialiste, nombreux. Et j’ai été rejoint par Laurent Fabius, Alain Le Vern et Didier Marie avec lesquels nous sommes allés à la rencontre des différentes formations syndicales pour les saluer avant que le cortège ne se lance dans son parcours. manif3Et nous avons attendu, assez longuement avant de pouvoir faire nos premiers pas, signe que la mobilisation était au rendez-vous. Les syndicats ne s’y étaient pas trompés, ils avaient fait le choix du plus grand parcours qu’il est possible de faire dans le centre de Rouen. Au final, nous étions pas loin de 40000.

Puis en fin d’après-midi, vers 16h, je suis arrivé à Lillebonne, où j’y ai retrouvé Nicolas Beaussart, Conseiller général et maire de la commune pour défiler dans les rues de sa ville avec les nombreux salariés des entreprises de la vallée du commerce. Un bon millier de manifestants, une mobilisation des grands jours pour Lillebonne. Certains d’entre eux avaient déjà manifesté le matin au Havre. Partout la même détermination pour s’opposer au projet du gouvernement injuste et petits bras qui ne réglera pas le problème dans la durée. Partout un sentiment de dégoût face au mépris du président de la République qui préfére parler football à l’heure où des millions de Français manifestent leur colère et subissent des baisses de leur pouvoir d’achat et des remises en cause de leur statut.

24 mètres carrés en moins par seconde

Samedi 19 juin 2010

24metres-carresCe nombre, c’est ce que la France perd de foncier agricole. Hier, en début d’après-midi, je suis allé à Barentin à la rencontre des Jeunes Agriculteurs de Seine-Maritime, qui organisaient trois opérations de sensibilisation du grand public, à Montivilliers, Dieppe et donc Barentin. J’y ai notamment retrouvé Elise HERON et Guillaume TRIBOUILLARD, deux exploitants très investis dans l’organisation des Jeunes Agriculteurs de Seine-Maritime. Ces opérations font suite à Nature Capitale qui a transformé en mai dernier les Champs Elysées en plateau végétal, 20 ans après La Grande Moisson lorsque les même Champs Elysées étaient devenus champ de blé. discussion-ja-76Si les JA 76 ont voulu mené cette opération c’est pour poursuivre leur volonté de montrer au plus grand nombre combien l’agriculture est un acteur incontournable du développement économique, social et environnemental de notre pays, et que les crises qui se multiplient ces dernières années font peser de lourdes craintes. Ainsi, l’urbanisation galopante, pour la construction de zones d’activités, de zones pavillonnaires et autres équipements comme les centres commerciaux, font disparaitre directement les zones agricoles de notre pays. 24 mètres carrés, c’est énorme, et pour favoriser la prise de conscience du grand public, ce sont 24 mètres carrés de terre qui ont été déversées et plantées en ce début d’après-midi sur l’axe reliant Barentin à Pavilly. Durant près d’une heure, nous avons échangé sur et enjeu. Ce fut une discussion intéressante alors que dans quelques temps, le Parlement discutera de la LMA, la Loi de Modernisation de l’Agriculture. Je m’investirai sur ce sujet, comme la semaine dernière lors de l’audition de Bruno Le Maire, Ministre de l’Agriculture, que j’ai interpellé sur les filières courtes et le bio lors de son audition par la Commission du Développement Durable.foncier-agricole Une action simple doit être envisagée à mon sens. Il faut permettre aux différents usages sociaux des territoires de cohabiter, logement, agriculture, loisirs, économie … mais pas de supplanter et écraser l’un au bénéfice d’un autre. En la matière, je pense que les règles d’urbanisme doivent contraindre, les élus notamment, à travailler prioritairement sur les friches indutrielles. Ainsi, pour tout projet de zones d’activités, de lotissement ou centre commercial, il devrait être rendu impossible de réaliser ce type de projet sur une surface agricole, s’il existe une friche industrielle sur le même territoire communal. Certes cela pose des questions de dépollution et autres, mais au moins on retrouvera là un véritable aménagement du territoire qui respectera les espaces.

Une réforme injuste sur toute la ligne

Jeudi 17 juin 2010

Cela fait plusieurs jours et semaines maintenant que l’actualité repose sur l’attente, voire l’impatience, autour de la réforme du gouvernement sur notre système de retraite. Hier matin, après une pression grandissante, le couperet est tombé. Couperet, car c’est un véritable coup de massue qui vient de s’abattre sur la tête des salariés de notre pays. A l’écriture de ces quelques lignes, je ne sais pas où commencer tant l’annonce gouvernementale me semble loin de la réalité du monde du travail. Premier scandale, le timing. Une réforme présentée mercredi, et les syndicats ont à peine deux jours pour travailler et discuter cette proposition -d’ailleurs est-ce vraiment une discussion ouverte? - que vendredi les choses seront bouclées. Toujours sur le timing, une officialisation le 13 juillet en Conseil des ministres, vite fait bien fait en pleine vacances scolaires d’été histoire de passer les choses en quatrième vitesse dans le dos des salariés, pour un texte à l’ordre du jour du Parlement en septembre. C’est une véritable mascarade de démocratie, un non respect inique voire cynique du dialogue social, reléguant les partenaires sociaux à un rôle de simples témoins, et pas d’acteurs de cette réforme.
Sur le fond de ce texte, par où commencer. Le plus scandaleux, ce sont les salariés qui vont payer la note, et seulement eux. La taxe sur les entreprises, et les hauts revenus est plus qu’anecdotique. Les femmes sont dé-considérées et dévalorisées, surtout celles qui ont des carrières morcelées. Les fonctionnaires, déjà victimes préférées du pouvoir et sacrifiés sur l’autel des économies à tout va, vont voir leur pouvoir d’achat diminuer avec une hausse des cotisations. La pénibilité, le mot est cité, et l’UMP crie haut et fort que c’est une révolution, mais au fond, la pénibilité se résume à un contrôle médical et concernera peu de salariés, alors que sur le terrain c’est une vraie problématique. Et enfin, la parole présidentielle est une fois de plus dévalorisée, souvenons-nous des multiples propos du président affirmant qu’il ne touchera pas à l’âge légal du départ à la retraite car ne l’ayant pas proposé dans son programme présidentiel de 2007, il n’en pas pas reçu le mandat par le suffrage universel. Résultat, l’âge légal est repoussé à 62 ans, avec en prime, le passage à 65 ans comme curseur pour le benéfice du taux plein de la retraite pour ceux qui ont eu une carrière morcelée. Alors, j’espère que le 24 juin les salariés vont répondre nombreux à l’appel des syndicats et des forces de progrès de ce pays pour dire haut et fort que nous ne voulons pas de cette réforme qui n’en a que le nom, et rejeter cette injustice social et la casse de notre modèle social que prépare le gouvernement.

Prendre de la hauteur

Mercredi 16 juin 2010

gueurres1Hasard du calendrier. Pas tout à fait. Hier, c’était la journée mondiale de l’énergie éolienne. Et tôt dans la matinée, je me suis rendu à Gueures, près de Dieppe, pour y visiter un parc éolien. J’ai été accueilli par le maire de la commune, Jean-Paul Maret, par Vincent Masureel, directeur du développement chez Nordex France, Johann Tardy de chez Kallista Energy et Rémi Blanchet de chez Energie Team. Ces trois sociétés étant membres du syndicat des énergies renouvelables. Après quelques mots échangés sur le fonctionnement d’une éolienne et la présentation du site, on m’a équipé avec harnais, mousquetons et casque. En quelques minutes, me voilà perché à quatre-vingt mètres de hauteur, au cœur même de cette belle mécanique. Vue imprenable sur la côte dieppoise. moteurVent fort qui fait osciller la pointe de l’éolienne de quelques dizaines de centimètres. Proximité avec les trois pâles de 44 mètres de long et de plus de dix tonnes chacune. Discussion avec le responsable de la maintenance, doté d’un calme olympien, aussi agile pour se déplacer entre les différents éléments mécaniques que pour en décrire le fonctionnement. Ce n’était pas inutile de prendre de la hauteur sur ce sujet qui fait polémique et alors que je vais passer la journée d’aujourd’hui en Commission Mixte Paritaire sur le Grenelle 2.cb Le texte voté pour l’instant ajoute des conditions encore plus restrictives pour la réalisation de parc éolien. Elles sont de nature à freiner le développement de l’éolien en France. Les procédures administratives encadrant d’ores et déjà l’éolien sont très contraignantes et parmi les plus restrictives d’Europe. Zone de Développement de l’Eolien (ZDE) à l’initiative des communes concernées qui définissent sous le contrôle du préfet et après consultation des communes voisines les zones favorables, consultation de la population locale, étude d’impact, enquête publique, instruction du permis de construire, avis de la commission départementale des sites et des paysages, on n’est pas dans l’improvisation ni dans la précipitation. Le maire de Gueures m’a confié que c’était un peu long et qu’il fallait beaucoup de volonté pour arriver au bout. Concrètement la réalisation d’un parc éolien prend près de cinq ans entre le début du projet et sa mise en service. Vouloir ajouter en amont un schéma régional et en aval l’ICPE ( procédure appliquée pour les installations classées) risque de ralentir nombre de projets. De la même façon imposer un seuil minimum d’au moins cinq machines va conduire à l’abandon de plus d’un quart des projets en cours. Notre région est impactée directement par cette mesure. A Gueures, le parc éolien est par exemple composé de trois mâts. Simplement pour des raisons techniques (exposition au vent, contexte topographique). Avec la loi discutée aujourd’hui, il n’aurait pas pu voir le jour. La référence aux zones destinées à l’habitation dans le cadre de la règle des 500 mètres va également réduire comme une peau de chagrin les zones favorables. Il ne s’agit pas de remettre en cause une distance reconnue par les opérateurs éoliens qui l’appliquent déjà dans le cadre d’une charte. Mais de considérer uniquement les habitations existantes et non pas les terrains à urbanisation future y compris les zones agricoles. c’est donc avec ses idées en tête que j’ai quitté Gueures hier. En m’éloignant, je voyais au loin s’effacer les mâts implantés aussi dans les communes voisines. L’acceptabilité n’a pas été évidente dans ces dernières. L’opposition à la réalisation d’un parc de cinq mâts a été bien réelle à Brachy. Je ne nie pas les débats et les arguments des contradicteurs. Mais les procédures existantes donnent le pouvoir de décider au local sous le contrôle des administrations. Alors pourquoi changer? Pourquoi freiner une énergie qui permettra à la France de remplir ses objectifs de réduction d’émission de carbone? J’ai apprécié cette visite de terrain. Prendre de la hauteur n’est jamais inutile.

Un train de retard

Mercredi 2 juin 2010

Hier après-midi à la séance des questions au gouvernement un collègue s’est fait l’écho des inquiétudes de beaucoup suite aux informations concernant l’éducation nationale. Une note interne du ministère, publiée par la presse, évoque le nombre des enseignants et les effectifs par classe. Elle propose de supprimer encore plus de postes et d’augmenter le nombre d’élèves par classe. Depuis quelques années l’éducation nationale connaît une véritable hémorragie. Des dizaines de milliers de postes sont supprimés. Les remplacements ne se font plus dans beaucoup d’établissements. Des fermetures de classe sont annoncées régulièrement. Dans un monde complexe et dans lequel les inégalités progressent, nous avons besoin au contraire de mettre les moyens dans l’éducation. C’est un investissement d’avenir. Le gouvernement semble l’ignorer préférant regarder passer le train de l’avenir…De train, il en a été beaucoup question ce matin lors de l’audition de Guillaume Pépy, président de la SNCF, à la commission du développement durable à laquelle j’appartiens. Plan fret, wagon isolé, gare durable, lgv, grèves, électrification, statut de la SNCF, relation avec RFF, avenir des TER, connexions avec le métro automatique prévu dans le Grand Paris…les questions n’ont pas manqué. Je suis intervenu au sujet de la ligne Le Havre-Paris en demandant quels engagements  seront pris et réalisés pour améliorer la ligne existante en attendant le futur tgv normand. Il m’a confirmé “la dette” de son entreprise vis à vis des normands en regrettant les retards accumulés depuis plusieurs années et qu’il comptait bien mettre les bouchées doubles pour les rattraper. Des travaux sont programmés, des ouvrages seront réalisés. A suivre donc. Il ne faudrait pas là non plus prendre un train de retard…

Belle manifestation ce matin à Rouen

Jeudi 27 mai 2010

manif-rouen9Dès neuf  heures trente ce matin, les manifestants arrivaient par petites grappes sur le cours Clémenceau, rive gauche à Rouen. Les drapeaux rouges, bleus, verts, violets, roses, volaient au vent. Les tracts se distribuaient comme des petits pains. Les hauts-parleurs crachaient une musique rythmée et quelques slogans forts contre le gouvernement. Jeunes et moins jeunes, du public ou du privé, ils étaient venus très nombreux pour défendre le droit à une retraite juste. Les organisteurs les estimaient à près de 20000. Qu’importe le nombre même si la mobilisation était au rendez-vous. Plus que le 23 mars dernier. Ce qui m’a le plus frappé ce matin c’est la détermination des manifestants. rouenEt plus encore les phrases entendues  dans la bouche de plusieurs personnes croisées dans le cortège. Elles valent plus que des analyses savantes. “Qu’ils viennent passer une journée à la chaîne, après ils pourront discuter”. “Je n’ai qu’une hâte, partir”. “Vais-je devoir embouteiller les services du pôle emploi jusqu’à soixante-deux ou soixante-trois ans. C’est absurde!”. “Comme toujours ce sont les salariés qui trinquent, les gros revenus sont protégés par le bouclier fiscal”. “Je me bats aussi pour mes enfants”. “tout augmente sauf les pensions”. “ils parlent de nous faire travailler plus mais ils nous mettent à la porte à partir de 50 ans”. “encore une promesse Sarkozy qui passe à la trappe”. “le nouveau slogan de l’ump c’est travailler plus pour gagner moins”. Au final, le succès des manifestations de ce matin n’était qu’une étape. Un moyen de dire au gouvernement que ses propositions et notamment l’allongement de l’âge légal ne passent pas.

La retraite à 60 ans, une question de justice

Mercredi 26 mai 2010

Ca y est. Ils l’ont fait. Ou plutôt, ils vont le faire. Sans sourciller, sans sembler embarrassé, le gouvernement a sonné le glas de la retraite à 60 ans. Le président de la République enterre une promesse de campagne. Encore une. Nous venons de perdre gros. Un acquis social est tombé. La retraite a 60 ans aura duré moins de 30 ans. Pour ceux qui ont connu la victoire de 1981 et les conquêtes de 1982, quelque chose s’écroule. Une page se tourne. Cette annonce n’est pas seulement symbolique. Elle va se traduire concrètement par des années supplémentaires de cotisations, de travail ou de galères, pour les quinquagénaires qui ne parviennent pas à retrouver une activité. Et malgré cette décision qui impactera la vie de chacun, notre système de retraites demeure dans une impasse financière. L’âge légal de départ à la retraite n’est qu’un maillon de la chaîne. Le gouvernement en a fait l’alpha et l’omega mais le problème reste entier. Qu’en est-il de la prise en compte de la pénibilité au travail et de la différence d’espérance de vie selon les emplois occupés durant la carrière ? Qu’en est-il de l’activité des seniors et du grave problème du chômage des salariés âgés ? Qu’en est-il de la nécessité d’améliorer le niveau des pensions ? Ces questions restent sans réponse. Mais la droite parvient à ses fins. Abolir la retraite à 60 ans, c’était déjà le dessein des réformes Balladur et Fillon. Elles n’avaient rien réglé. Elles avaient provoqué mobilisations et cortèges. J’espère que beaucoup ont encore des forces pour, cette fois encore, mener la bataille.