Les nouvelles se succèdent à un rythme soutenu au sujet de l’entreprise Petroplus et de son site de Petit-Couronne.
Mercredi dernier, le 25 janvier, le site était placé en redressement judiciaire. Jeudi, on apprenait qu’une enquête avait été ouverte pour faillite frauduleuse concernant le site. Les comptes de Petroplus France font en effet apparaître des mouvements suspects selon des sources proches de l’enquête.
Une illustration de la véritable opacité qui règne autour du groupe suisse, dont le siège social est installé dans une commune de 26.000 habitants mais qui compte près de 30.000 sièges d’entreprises dont 18.000 se consacrent à des activités financières.
J’ai eu l’occasion de me rendre à deux reprises sur le site pour apporter mon soutien aux salariés. D’ailleurs, depuis début janvier, à l’occasion des cérémonies de voeux, dans de très nombreuses communes de la circonscription, j’ai rencontré de nombreux salariés ou d’anciens salariés de la Shell, comme on l’appelle encore. Beaucoup sont troublés de voir cet outil industriel mis à mal. Beaucoup sont inquiets du sort des salariés du site mais aussi de plusieurs sous-traitants du port. Car Petroplus, ce n’est pas que la raffinerie, c’est aussi 10% de l’activité du port de Rouen, mais aussi 10% de l’activité de celui du Havre. On mesure combien une éventuelle fermeture du site serait dramatique demain.
Cette situation soulèvent de nombreuses questions auxquelles nous devons collectivement apporter des réponses immédiates et concrètes. L’avenir du raffinage est en France, c’est un fait. Nous ne pouvons en effet nous résoudre à abandonner ses activités indispensable au maintien de notre indépendance énergétique. Ce fut d’ailleurs l’objet d’échanges très intéressants il y a quelques semaines lorsque je me suis rendu sur le site d’Exxon Mobil à Notre-Dame de Granvenchon.
Afin de conserver ce véritable savoir-faire français et seinomarin nous devons prendre des actes : la structuration de filières industrielles puissantes, la mise en place d’écluses tarifaires au moyen de normes sociales et environnemantales que les produits importés devront respecter et enfin de véritables moyens pour la justice financière comme j’en soulignai l’urgence il y a quelques mois dans une interpellation au Gouvernement.
Je reste entièrement mobilisé aux côtés des salariés de la raffinerie de Petit-Couronne dont je salue le courage et la volonté dans ces instants difficiles.

Chaque année, les horaires de la SNCF changent mais seulement pour 5 à 10% des trains, le 11 décembre 2011, 85% des horaires des trains vont changer. C’est pourquoi ce matin le groupe socialiste auditionnait Guillaume PEPY, le PDG de la SNCF. Même si la dernier mot revient en matière d’horaire à RFF. Ces dernières semaines, en Seine-Maritime, on parle beaucoup de la LGV Paris Normandie, à l’occasion des réunions organisées dans le cadre du débat public de ce projet. Mais il ne faudrait pas que ce débat fasse oublier pendant ce temps l’enjeu autour de la qualité et la régularité du réseau actuel, et à mon sens l’urgence est là.
Vendredi dernier, au sortir de ma permanence auprès de la population à Pavilly, je suis allé à la rencontre de Mathieu Douillet, agriculteur à Bouville et Vice-président des Jeunes Agriculteurs de Seine-Maritime accompagné de deux autres exploitants. Comme l’an passé, ils ont tenu à me sensibiliser sur une préoccuption de plus en plus grande au sein du monde agricole, et particulièrement au sein du canton de Pavilly. Il s’agit de la disparition des terres agricoles.
Le titre est piquant, pourtant l’enjeu que constitue le canal Seine-Nord Europe est fondamental pour notre pays et notre région. Plus des deux tiers des conteneurs destinés à notre pays entrent par les ports d’Europe du Nord puis sont acheminés par le route jusque dans notre territoire. Nos ports maritimes souffrent, en effet, de dessertes fluviales et ferroviaires inadaptées pour permettre d’amener les marchandises au coeur de nos terres, c’est à dire au plus près des lieux de consommation. L’utilisation du réseau fluvial pour le transport de conteneurs représentait 30% du trafic à Rotterdam, 32% à Anvers contre seulement 4,7% à Marseille et 9% au Havre. Malgré une progression tendancielle sur les 10 dernières années (+ 33%), il ne représente qu’une part modale dérisoire de 5 à 6% du transport de marchandises en France.
Cependant, sonne en écho la phrase de Cicéron « l’argent est le nerf de la guerre », les moyens doivent donc être à la hauteur de nos ambitions. Les élus normands, doivent etre très exigeants sur ce point. L’état des lieux permet de saisir l’enjeu. 66% des barrages et 54% des écluses sont en très mauvais état d’après VNF. La réfection devient une urgence. Il convient, donc, de répondre aux normes internationales, d’accroitre les capacités et les gabarits du réseau principal, d’assurer la sécurisation des voies; et de garantir la mise en conformité environnemental du réseau et de son exploitation. Pour ce faire des moyens financiers conséquents doivent être débloqués de l’ordre de 2Md€. Le relèvement de la taxe hydraulique à hauteur de 70M€ soit 280M€ sur 4 ans au lieu de 780M€ et la contribution de l’AFIFT, dont le budget stagne malgré son insuffisance et l’incertitude qui concerne l’écotaxe poids lourd se déclenchant en juin 2013, n’y suffiront pas.
Ils sont partout. Dans votre téléphone portable, dans le tableau de bord de votre voiture, dans les lampes à basse consommation accrochées au plafond, dans votre téléviseur à écran plat, dans votre ordinateur…
Au bout de ces six mois de mission, nous avons présenté notre rapport en commission à l’assemblée nationale. Un état des lieux sans concession et des préconisations pour que cet enjeu figure dans nos agendas politiques au même titre que le changement climatique ou la perte de la biodiversité. Il n’y a pas de fatalité face au « risque métal ».
Il y avait du monde à Ecalles-Alix il y a quelques jours pour l’exposition consacrée à Gustave Couturier. A l’initiative des Amis du Vieux-Fécamp, une exposition itinérante consacrée à cet homme hors pair venait terminer sa route dans ce village du canton de Pavilly. J’y ai retrouvé Pascal Marchal, le conseiller général de Pavilly et Lionel Gaillard, le maire de la commune. Cette exposition a mobilisé nombre de personnes pour sa conception, la famille, les anciens employés, le monde enseignants et de nombreux élus qui l’avait connu. Pour Ecalles-Alix, cet homme restera dans les mémoires comme un précurseur et un grand homme qui a beaucoup donné au village dont il fut le premier magistrat. Son parcours lui fera croiser la route d’André Marie, d’André Bettencourt ou encore de René Coty, et ce au fil de son chemin de Bolbec, à Fécamp en passant par Yvetot, et bien entendu Ecalles-Alix. J’ai tenu à venir car étant moi même originaire de Fécamp, ayant étudié dans cette ville, où mon grand-père fut terre-neuvas, et étant désormais Député comptant Ecalles-Alix dans mon territoire, cela me touchait à titre personnel. Ce fut un bel hommage rendu à un homme qui fut maire de Fécamp et Conseiller Général, élu également d’Ecalles-Alix, mais aussi un industriel avec le souci de ses employés pour lesquels la formation continue et les conditions de vie étaient aussi un engagement du quotidien.
Hier matin, je me suis rendu sur le site de raffinage de Pétroplus à Petit-Couronne. Suite à l’annonce d’une restructuration du site, les salariés sont mobilisés pour sauvegarder leur emploi. Concrètement il devrait y avoir 120 départs sur les 550 salariés du site. Pendant plus d’une heure, j’ai échangé avec les représentants des différents syndicats. Le risque est grand de voir à terme ce site disparaître. La situation à Petit-Couronne pose clairement la question de l’absence de politique industrielle. Le raffinage en France n’est pas pris en compte à sa juste mesure. L’enjeu est double. Tout d’abord, le maintien d’une industrie de raffinage performante constitue un enjeu national de premier plan en particulier pour des questions de sécurité d’approvisionnement. Par ailleurs, la fin du raffinage présenterait également un risque pour la balance commerciale française, si le raffinage ne se fait plus en France, nous achèterons en effet notre pétrole raffiné à l’étranger plus cher. Ces raisons m’ont donc conduit à apporter mon soutien au combat engagé par ces salariés.
