C’est donc à Malaunay, que j’ai terminé la série de cinq débats sur la réforme des retraites. Une cinquantaine de personnes étaient présentes dans l’espace Pierre Néhoult en ce 12 juillet. Stéphane Deschamps, maire de la commune, et David Lamiray, Conseiller général et maire de Maromme, étaient à mes côtés pour cette réunion à l’échelle de la Vallée du cailly. Là encore, le débat fut très riche, avec de nombreux échanges avec la salle. Mais aussi, et c’est ce que j’apprécie lors de telles rencontres, un débat entre les personnes de l’assistance. Echanges de point de vue sur le public et le privé, question autour de la situation des postes de travail pénibles, mais aussi sur la nécessité d’élaborer une politique de l’emploi dynamique, pour augmenter le nombre de cotisant. Alors que le Président de la République allait peu après s’exprimer à la télévision, de nombreuses interventions ont dénoncé la décalage entre le pouvoir et la réalité sur le terrain. Tous partageaient aussi leur étonnement voire leur agacement de la promptitude du gouvernement à aider les banques lors de la crise financière, et aujourd’hui le même pouvoir qui traîne des pieds à taxer les bénéfices records de ces mêmes banques, alors qu’il y aurait là une source de financement juste pour les retraites. Bref, une réunion des plus intéressantes.
Articles de la catégorie « Mes points de vue »
Les retraites, parlons en à …Malaunay
Samedi 14 août 2010Les retraites parlons-en à …Lillebonne
Jeudi 12 août 2010
La salle Juliobona accueillait à Lillebonne la 4ème réunion de la série de cinq que j’ai souhaité mener sur les retraites. Nicolas Beaussart, maire de la commune, et Conseiller général du canton de Lillebonne m’avait fait l’amitié de me rejoindre pour cette soirée de débat, qu’il a bien voulu introduire. Après quelques éléments de décor, j’ai eu à coeur de présenter les propositions portées par la Parti socialiste. Trop souvent, on nous dit vous à Gauche, vous critiquez mais vous proposez quoi. C’est donc cet exercice qui a été le mien à Lillebonne, car à la différence des autres réunions, c’était surtout sur cela que j’ai senti une attente de la cinquantaine de personnes présentes. J’ai notamment insité sur la priorité pour moi de poser un certain nombre de choses en préalable à toute réforme : la nécessité de justice et l’impératif de durabilité de la réforme. Sur la justice, l’élément central à mes yeux est la notion d’espérance de vie; On nous dit à la va-vite, on vit plus longtemps donc on peut travailler plus longtemps, et du coup porter à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite. C’est faux et absurde de poser les choses ainsi. Pour moi, il faut prendre en compte l’espérance de vie en bonne santé. Car ce n’est pas tout de vivre plus vieux, il faut pouvoir profiter de ces années de repos méritées. Or, l’espérance de vie en bonne santé est loin d’être la même entre un cadre et un ouvrier du bâtiment, il ne faut pas que tout le monde soit logé à la même enseigne en la matière. Sur la durabilité, il faut que les pouvoirs publics soient davantage crédibles, car on ne peut pas tous les quatre ou cinq ans, remettre l’ouvrage sur le métier. On se doit de donner des gages et prendre nos responsabilités en travaillant une réforme durable. Le risque sinon est que les Français, notamment les jeunes, perdent totalement confiance. Le projet du gouvernement n’a pour horizon que 2018 et fait l’impasse sur 15 milliards d’euros. Bref, ce fut une soirée riche et constructive dont j’ai apprécié la teneur et la forte participation de l’assemblée.
LMA comme Libéralisme, Mainmise et Archaïsme
Lundi 9 août 2010
Le projet de loi de modernisation agricole (LMA), adopté par l’Assemblée Nationale le 6 juillet dernier, n’a pas manqué de décevoir les principaux acteurs concernés par le texte. Ce projet de « modernisation », qui avait pour objectif d’en terminer avec de nombreux archaïsmes, se révèle être en vérité un pacte de libéralisation de la filière agricole. Loin de garantir aux agriculteurs un revenu qui leur permette de vivre dignement de leur travail, comme l’avait pourtant promis le ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche, la mesure phare du projet de loi est la mise en place d’une contractualisation entre les agriculteurs et les professionnels de l’agroalimentaire. La forme de ce contrat « personnalisé » exclut toute régulation nationale et assure la mainmise de l’industrie agroalimentaire, qui pourra choisir de ne pas travailler avec telle ou telle exploitation jugée moins rentable que les autres. Autrement dit, c’est un bon moyen pour la distribution de s’assurer de la fourniture de marchandises, tout en poussant les agriculteurs dans une précarité sans précédent ! Mais les déceptions ne se limitent pas à cette unique mesure.
En refusant la régulation par filière au niveau national, la loi entérine d’autres archaïsmes : absence de dialogue social en agriculture, disparition progressive des circuits courts (dont les nécessités sociale et écologique sont pourtant évidentes), volatilité des prix et flexibilité des revenus des agriculteurs, développement de monocultures, implantations sans évaluation environnementale ni consultation du public… Par ailleurs, de nombreux thèmes, pourtant essentiels, ont été écartés des débats : l’aménagement du territoire (au profit d’un mouvement de concentration), les aides aux jeunes agriculteurs ou la question des DOM-TOM. Le bilan est amer tant pour les exploitants que pour les consommateurs. Toutes ces raisons expliquent mon vote défavorable au projet LMA, tout comme celui de 196 autres députés. Un projet juste à mon sens aurait promu, entre autres, la gestion publique des marchés alimentaires agricoles et la relance de la compétitivité de nos filières agricoles afin d’éviter la volatilité des prix, la précarité des revenus agricoles, les circuits longs et les dérives productivistes.
Les retraites parlons-en à … Caudebec-en-caux
Dimanche 8 août 2010
C’est à la salle de la base de loisirs, en bord de seine, que plus de 60 personnes avaient sacrifié un début de soirée ensoleillé pour venir discuter des retraites à Caudebec-en-caux. Bastien Coriton, le maire de la commune, mais aussi Nicolas Beaussart, Conseiller général du canton voisin de Lillebonne, étaient eux aussi présents. Après quelques propos introductifs, le débat s’est vite installé car le sujet intéresse semble-t-il fortement. La pénibilité, a été au coeur de nombreux propos. L’amalgame du projet du gouvernement entre pénibilité et invalidité est fortement rejeté. De nombreuses interventions ont porté aussi sur le stress au travail, mais aussi sur la nécessité de relancer une politique active en matière de création d’emploi, ou encore sur la recherche de nouveaux financements comme la taxation des profits des banques, dont les bénéfices ont été une nouvelle fois en hausse.
Les retaites parlons en à …Pavilly
Jeudi 5 août 2010C’est à la Maison pour tous, que j’avais souhaité parler retraites à Pavilly. J’y ai retrouvé Pascal Marchal, Conseiller général du canton, mais aussi Jean-Claude Bateux, mon suppléant, qui m’avaient tous deux fait l’amitié de venir à cette rencontre. Plus d’une trentaine de personnes avaient choisi de “sacrifier” une belle soirée ensoleillée de l’été commençant, pour venir échanger sur l’avenir de notre système de retraite. Après avoir fait un bref exposé de la situation actuelle, du projet de réforme du gouvernement, et des propositions portées par mon groupe parlementaire, une discussion d’une heure et demi s’est engagée. Ces rencontres sur les retraites, je les ai voulues pour nourrir ma réflexion, et avoir du terrain, au plus près des habitants, un retour sur leurs attentes, leurs inquiétudes et questionnements. A Pavilly, nos échanges ont beaucoup porté sur les jeunes, et la nécessité de trouver moyen de les intéresser, les associer à ce débat. Malheureusement, comme je l’ai indiqué lors de la soirée, un premier regret est la brièveté du débat national sur cet enjeu majeur, à peine 6 mois. Cela me paraît court pour vraiment engager et encourager les jeunes dans le débat, c’eut été possible, car les autres grands pays européens, notamment du nord, eux ont pris le temps, deux ans de débat national. Il aurait fallu à mes yeux suivre cet exemple. Autre point d’orgue de nos échanges, l’enjeu autour de la pénibilité. Sans doute le caratère industriel et ouvrier de la Vallée de l’Austreberthe explique la centralité de cette question. Mais tous ont dénoncé, regretté et fortement critiqué, l’assimilation entre pénibilité et invalidité comme le prévoit le gouvernement. Cette question mérite un traitement de fond que les personnes rencontrées à Pavilly estiment central. Bref une soirée enrichissante.
Une nouvelle sanction injuste
Mardi 3 août 2010La majorité a présenté un texte des plus démagogique pour soit-disant lutter contre l’absentéisme scolaire. La loi votée il y a quelques jours repose sur un dispositif injuste et absurde. Sans écouter parents, professionnels de l’Education, ni les élus, le parlement instaure un dispositif de sanction financière suspendant les allocations familiales des parents dont les enfants sont trop souvent absents. Et hop, pour la majorité et le gouvernement le problème est réglé. Pour moi, on fait payer aux plus démunis le renoncement du gouvernement à l’égalité des chances, le même gouvernement dont l’action a pour bilan à ce jour 60.000 suppressions de postes dans l’Education nationale depuis 2003. Il est prévu la remise d’un rapport sur l’évaluation de ce dispositif de prévention, par le gouvernement, en décembre 2011, on verra alors je pense l’inefficacité de la mesure.
Les retraites parlons en à …Duclair
Dimanche 1 août 2010
C’est dans la salle des Halettes, à Duclair, que j’ai lancé une série de cinq rencontres pour parler retraites. Le débat qui s’est engagé voici quelques semaines sur la réforme de notre système de retraite représente un enjeu majeur de société. Le Gouvernement avait annoncé l’examen en conseil des ministres le 13 juillet de son projet définitif qu’il aura élaboré sans concertation ni pragmatisme. Je crois en la qualité de notre système de retraite par répartition, juste et solidaire, qui garantit à chacun une retraite bien méritée après de longues années de travail. Je sais néanmoins que celui-ci est perfectible et ne prend pas en compte des enjeux aussi important que la pénibilité ou les inégalités hommes/femmes. Avant de me prononcer au sein de l’Assemblée Nationale sur cet enjeu majeur pour les années à venir,j’ai souhaité allé à la rencontre des habitants pour confronter mon point de vue et mes idées avec toutes celles et ceux qui le souhaitent. A Duclair, avec à mes côtés Bernard Léger, Conseiller général du canton, plus de 50 personnes étaient là pour échanger.
Enquête sur la gestion de la Grippe A: les lacunes du projet
Mardi 27 juillet 2010
Les travaux de la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale sur la gestion de la grippe H1N1, débutés fin mars, ont abouti à un rapport qui laisse beaucoup de questions sans réponse. Très tôt, en juillet 2009, dans un souci de transparence, les députés du groupe socialiste avaient demandé la création d’une mission d’information pour associer la représentation nationale au suivi de la crise sanitaire mais avaient essuyé le refus du gouvernement, au motif que ce serait faire preuve de défiance à l’égard de l’action gouvernementale. La création d’une commission d’enquête a pourtant été accordée, mais au groupe du Nouveau Centre, avec un rapporteur issu de la majorité parlementaire, écartant par conséquent tout membre de l’opposition de sa direction. Trois mois de travail ont abouti à la production de vérités de Lapalisse, de constats flagrants ressortis des auditions: vaccination de masse, rigidité de l’organisation, circulaires inapplicables, mauvaise négociation des contrats pour les vaccins ou bien erreur de ne pas associer les médecins de ville à la vaccination. Que ne savions-nous pas déjà? L’analyse reste peu approfondie: plusieurs points restent non abordés, voire obscurs: pas d’enquête sur les décisions de l’OMS (qui a refusé toute audition), pas d’enquête non plus sur les contrats avec les laboratoires pharmaceutiques, pas d’enquête sur l’expertise scientifique (alors même que les liens éventuels entre les experts et les laboratoires sont au centre des polémiques), aucun paragraphe sur les modalités d’utilisation des antiviraux ni sur leur efficacité en matière de prévention (notamment en cas d’impossibilité de mener une vaccination de masse).
Malgré un manque flagrant de statistiques, quelques chiffres ressortent du rapport et font entrevoir l’ampleur du gâchis: 3,46 millions de doses de vaccin jetées quand seulement 5,3 millions de personnes se sont faites vacciner faute d’une organisation viable; 21 millions de doses stockées dont 12 millions qui périment en octobre 2010 et le reste en mars 2011. Tous ces constats démontrent (ce que le rapport ne fait qu’implicitement), l’incapacité du gouvernement à adapter un dispositif construit pour une éventuelle pandémie de grippe, le manque de lisibilité des messages gouvernementaux et la responsabilité gouvernementale dans la remise en cause de la crédibilité des pouvoirs publics en matière de politique de santé publique.
Les 150 chemins vers la rigueur
Samedi 24 juillet 2010 Mardi 6 juillet dernier, François Baroin a présenté dans l’hémicycle son plan de redressement des finances publiques pour la période 2011-2013. Le ministre du budget préfère parler de “modernisation de l’Etat” plutôt que de rigueur ou de “rilance”, pour reprendre le néologisme de Mme Lagarde. Les 150 mesures qu’il propose ont pourtant tout d’un plan d’austérité qui fera à nouveau assumer le poids de la mauvaise gestion budgétaire du gouvernement par les plus modestes. Face au menu de la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP), l’emploi devra une nouvelle fois se serrer la ceinture pour contribuer à la réduction du déficit public de 8 à 3%, pourcentage imposé par le pacte de stabilité européen. La mesure phare concerne bien évidemment la poursuite de la politique de suppression de postes dans la fonction publique. Mais la seconde vague de la RGPP porte également sur une politique du logement contraignante, une baisse du nombre d’emplois aidés (de 400 000 à 340 000 l’an prochain) ou encore une diminution des aides aux handicapés: autant d’initiatives qui ne manqueront pas de casser une croissance déjà exsangue. Ces mesures d”’exemplarités” de l’Etat semblent paradoxales à l’heure où se multiplient les scandales fiscaux et où l’affaire Woerth-Bettencourt bat son plein, traçant à nouveau une ligne de séparation entre la majorité des Français et une minorité privilégiée. Cette réforme apparaît comme injuste et irresponsable. On ne peut rééquilibrer les comptes publics et sociaux sans une politique juste sur le plan social, et volontariste en matière de croissance et d’emploi.
La réforme éclair
Mardi 20 juillet 2010
Nous sommes le 20 juillet. C’est aujourd’hui que le projet de loi sur les retraites sera soumis à l’examen de la commission des affaires sociales à l’Assemblée Nationale. Le 20 juillet, c’est-à-dire à peine dix jours avant la fin de la session extraordinaire. Un fin calcul politique de la part du gouvernement qui a engagé la procédure accélérée pour faire passer cette réforme quand le souffle de la mobilisation sera en partie ramolli par la torpeur estivale. On se souvient que la réforme Balladur est passée par décret en plein mois d’août en 1993 et que plus généralement la période estivale est choisie pour les mauvais coups comme par exemple les déremboursements répétés des médicaments. Le calendrier des débats se superpose en effet avec les vacances scolaires et coupe en deux les discussions qui reprendront à la rentrée, 7 septembre. En tout, cinquante petites heures de discussions sont octroyées pour un débat extrêmement large et, faut-il le préciser, qui ne fait pas l’objet d’un consensus.


