le 18 mai 2012

Articles de la catégorie « Mes points de vue »

Un jeudi pas si ordinaire

Jeudi 17 mai 2012

A priori ce jeudi de l’Ascension devait ressembler aux précéedents. En tout cas à ceux que je vis depuis mon élection comme député. C’est-à-dire une journée non chômée. Avec quelques rendez-vous incontournables. D’abord ma participation à la journée à la ferme de Martine Lhernault. Depuis quatre ans, plusieurs exposants de produits bio se retrouvent dans la propriété de Martine Lhernault pour vendre et présenter leur production. Des animations et des jeux sont également prévus pour les enfants. Un déjeuner champêtre est proposé à base de produits locaux. J’ai pris l’habitude de déjeuner sur place en compagnie de plusieurs élus de Mont de l’If. Rémy Dubost, le maire du village, aime partager ce moment avec ses collègues du conseil municipal. J’y retrouve également des habitués, souvent des habitants du canton de Pavilly. Le temps est parfois capricieux comme aujourd’hui mais l’esprit est bon enfant. L’autre grand rendez-vous de la journée pour moi est le tournoi de football Pascal Acard dans le stade Lucien Lecuyer à Pavilly. Il est organisé par l’Olympique Pavillais que préside Gilles Cognard. Cette année, 625 joueurs étaient inscrits. Presque un record. Beaucoup d’équipes de la région. De Vatteville-la-Rue à Duclair, en passant par Barentin, Lillebonne, les Boucles de Seine et bien d’autres encore. Les jeunes joueurs sont souvent accompagnés de leurs parents. Les bénévoles s’activent pour la bonne organisation. Le club de Pavilly est réputé pour son savoir-faire et son sérieux. J’ai félicité les dirigeants. Voilà les deux rendez-vous qui occupent habituellement mon jeudi de l’Ascension. Aujourd’hui l’actualité est venue se greffer à ce bel ordonnancement. Ce matin, très tot j’étais en effet invité sur France Bleue à commenter la composition du nouveau gouvernement. L’occasion pour moi de saluer la nomination de Laurent Fabius et de Valérie Fourneyron. Leur entrée dans le gouvernement Ayrault est une chance pour notre région.

Licenci’elles

Lundi 14 mai 2012

3-suisses Un des acteurs principaux de la vente par correspondance en France va mal. Il s’agit en effet des 3 Suisses, une entreprise française de vente à distance, créée en 1932, à Roubaix par Xavier Toulemonde sous le nom des Filatures des 3 Suisses, qui deviendront par la suite les 3 Suisses. J’ai rencontré dernièrement 3 ex-salariées de cette entreprise dont le siège social est situé à Croix dans le Nord. En 2012, les 3 Suisses décide de fermer définitivement toutes ses boutiques présentes en France (soit 35 magasins au total), pour se consacrer uniquement au commerce sur internet, licenciant ainsi 149 employé(e)s dans tout l’hexagone malgré de nombreux bénéfices réalisés par le groupe 3 Suisses. Une centaine de salarié(e)s ont décidé de contester leurs licenciements et ont saisi les Prud’hommes pour “licenciement abusif sans raisons économique”. Un de ces espaces 3 Suisses était situé à ROUEN et 5 hôtesses se retrouvent sans emploi. J’ai récemment reçu trois de ces salariées lors d’un entretien au cours duquel elles m’ont expliqué la situation de l’entreprise et les raisons abjectes de leur licenciement. Les suppressions d’emplois ont été décidées dans le cadre d’un plan de réorganisation des activités privilégiant le e-commerce et souhaité par le nouveau propriétaire des 3 Suisses International, le groupe Otto Versand, leader mondial de la vente à distance. Depuis 2009 en effet, l’entreprise n’a cessé de licencier, la direction ayant promis en 2009 que le P.S.E éviterait toute autre restructuration ce qui n’a finalement pas été le cas. En 2009, l’entreprise a procédé à 850 licenciements, en 2010, 69 licenciements ont été prononcés dans le réseau des magasins de destockage, en 2011, on comptait 250 licenciements et alors que nous ne sommes qu’au mois d’avril, on compte pour 2012 déjà plus de 100 licenciements. Cette entreprise appartient pourtant à un groupe bénéficiaire, leader mondial de la vente à distance ; cependant, elle ne dispose pas d’une réelle autonomie de direction au sein de ce groupe. Une grande partie des salariés concernés a entamé une action en justice pour licenciement abusif et non-justification de licenciements économiques. L’objectif de l’association Licenci’elles qui a été constituée est d’aider les salariés des 3 Suisses et leurs filiales, assurer un soutien moral à ses adhérents et à leur famille et mener toute action permettant d’obtenir réparation des préjudices subis auprès de leur employeur. Présente sur les réseaux sociaux, Licenci’elles souhaite se faire connaître et pouvoir ainsi aider les salariés qui luttent contre les licenciements économiques dans les entreprises ou les groupes qui font des bénéfices. Et cette histoire me rappelle celle d’autres salariés en lutte partout en France : Lejaby, Paru Vendu, Sodimédical, où les salariés n’ont pas reçu de salaires pendant sept mois…

Mon 1er mai

Mardi 1 mai 2012

Mon premier 1er mai je l’ai fait aux côtés de mon père, marin et syndiqué. Je me souviens de l’excitation de l’enfance. Du sentiment d’appartenir au monde des grands. De la joie d’acheter un petit brin de muguet à offrir à ma mère restée à la maison. Les slogans ont disparu dans les entrelacs de ma mémoire. Mais reste le symbole. Celui d’une fête des travailleurs. D’un jour férié, de repos. Avec en écho des revendications. Alors les polémiques de ces derniers jours sur le 1er mai me heurtent. Elles sont une insulte aux millions de travailleurs qui depuis 1889 et partout dans le monde se rassemblent en souvenir des luttes salariales. Vouloir détourner le 1er mai, c’est vouloir en diminuer la portée et taire le combat des ouvriers pour l’amélioration de leurs conditions de travail.  Il existait plein de façons aujourd’hui de respecter la tradition de la fête des travailleurs. stele1J’ai choisi de le faire en compagnie des responsables de la FNATH de Lillebonne et de Notre Dame de Gravenchon en mémoire des victimes du travail. J’ai déposé une gerbe sur la stèle du souvenir avec Benoît Beaudoin, président de la section locale, Alain Frebourg, président du groupement Haute-Normandie et Nicolas Beaussart, maire et conseiller général de Lillebonne.J’ai choisi de la faire à Louvetot pour une remise de médailles du travail à des salariés d’entreprises locales. Alain Legrand, maire du village, a choisi par ailleurs de mettre à l’honneur Annick Emo, une habitante méritante, bénévole, qui depuis des années ag3s’occupe de sa voisine Raymonde Loisel, gravement malade et qui garde le moral grâce à ce soutien de tous les instants. Les solidarités ouvrières font bon ménage avec les solidarités villageoises. Martine Blondel, vice-présidente du Département, participait à cette belle cérémonie. manif-gravenchon

J’ai choisi de le faire en participant, malheureusement seulement quelques instants, entre ces deux manifestations, au rassemblement du 1er mai à l’appel des syndicats de salariés à Notre Dame de Gravenchon, place de la Hallette. Mon 1er mai ressemblait finalement à mon premier 1er mai. Sans oublier le petit brin de muguet…

Un projet alternatif pour Legrand Normandie

Lundi 16 avril 2012

legrand2Oui, c’est possible. C’est la démonstration à laquelle se sont livré les salariés de l’entreprise Legrand, jeudi, à la salle Jean-Loup Chrétien, suite à l’annonce récente de la fermeture de l’usine de Montville. Il y avait plus d’une centaine de salariés réunis, ainsi que de nombreux élus, notamment Estelle Grelier, Députée européenne, Dominique Chauvel, Vice-présidente du Département, Sébastien Jumel, Vice-président du Département également, Pascal Martin, le maire de la commune. L’initiative de cette rencontre, nous la devons à la CGT de l’entreprise, avec notamment la force et la motivation de Handy Barré et Olivier Bunel, que j’ai rencontrés encore récemment. L’idée est simple. La direction a présenté un projet de fermeture du site de Montville, avec un déménagement des machines et un transfert des salariés vers les sites de Fontaine et de Malaunay, et la relocalisation d’une production aujourd’hui à l’Est de l’europe. Coût de l’opération : 3 millions d’euros. Un des arguments : améliorer l’outil de production. Les salariés s’opposent à cette fermeture, qui vient casser un outil industriel performant de notre région. Aussi, accompagné par le cabinet Secafi, ils ont conduit une expertise, non sans mal. Ce travail a abouti à la proposition d’un contre projet, visant le développement de l’entreprise. Ce sont ces axes qui ont été présentés aux salariés présents, pour recueillir leur avis. Ce projet alternatif est chiffré à 3 millions d’euros, ce qui correspond à la somme que la direction semble prête à débourser. L’audit a montré que les marges du groupe Legrand sont très fortes, plus de 20%. Ce qui en fait un des groupes les plus rentables de France. Alors, autant ne pas vivre que sur des acquis mais bel et bien développer ce fleuron industriel. Une autre piste : relocaliser l’ensemble de la production des armoires, notamment celles faites en Italie, sur les sites normands, afin de rationnaliser les coûts en augmentant les volumes produits. Bref, après cette présentation des axes de travail de ce projet alternatif, de nombreuses questions et témoignages sont venus enrichir les propositions mises sur la table. Au bout de deux heures d’échange, j’ai retrouvé Handy Barré pour le féliciter de cette initiative, du sérieux de leur travail et l’encourager à poursuivre. Prochain rendez-vous, le 18 avril, lors du Comité Central d’Entreprise, à Limoges, au cours duquel les salariés présenteront leur contre-projet.

Au secours des plus démunis

Mercredi 11 avril 2012

table-rondeSamedi 17 mars dernier, j’ai répondu à l’invitation du Secours Catholique pour participer à une table ronde ayant pour objet “Familles et Précarité : Quelles solidarités en Seine-Maritime ?”.

En compagnie de nombreux intervenants, dont M. Soulage, président national du Secours Catholique et Mme Dombrowsky présidente de l’UDAF, nous avons pu aborder en profondeur ce sujet particulièrement difficile. Nous le constatons malheureusement tous, la pauvreté et la précarité augmentent dans notre pays.  Plus d’un Français sur dix est ainsi touché par la pauvreté et parmi eux de nombreux jeunes et de nombreuses personnes âgées. Face à cette explosion de la pauvreté, et même de la très grande pauvreté, il est nécessaire d’apporter des solutions réelles et concrètes. Les responsables politiques disposent de nombreux moyens pour mettre en oeuvre ces solutions de luttre contre la pauvreté (Centres communaux d’action sociale, prévention des impayés de loyers, de factures énergétiques, etc.).cb2 Nous sommes aidés en cela par de nombreuses associations qui agissent, chaque jour, au service de nos concitoyens les plus démunis. Parmi ces associations, le Secours Catholique tient une place toute particulière. En raison de son ancienneté d’abord, puisque l’association oeuvre désormais depuis plus de 66 ans. En raison du nombre de ses bénévoles et salariés ensuite, près de 63.000 personnes pleinement investies dans l’entraide. En raison enfin de son implantation au plus près des populations en difficultés ensuite.

Cet temps d’échange a été pour moi particulièrement enrichissant. J’ai ainsi pu partager mes expériences d’élu de terrain avec de nombreux bénévoles et représentants qui, à leur tour, m’ont fait part de leurs vécus mais également de leurs souhaits et de leurs propositions. Nous nous sommes tous accordés pour dire que la lutte contre la pauvreté et l’exclusion est une véritable urgence. Nous partageons également cette idée force selon laquelle la famille est un des socles de notre société. Nous envisageons enfin des solutions communes pour répondre à cette urgence sociale. En quittant la salle après avoir remercié les organisateurs pour leur initiative, je ne pouvais que penser que l’engagement et l’enthousiasme des bénévoles présents était la meilleure preuve que le combat contre la pauvreté était bien engagé.

C’est encore l’hiver pour les écoles

Mercredi 21 mars 2012

ecole-duteurteJe me rendrai, aujourd’hui à 16h30, devant la Préfecture de Rouen pour la même raison que je me suis rendu, ces derniers jours, sur le Pont de Brotonne ou à Notre-Dame-de-Bondeville, même raison qui m’a conduit à rédiger de nombreux courriers ou à rencontrer de nombreux interlocuteurs. A 17 heures, se tiendra, à la Préfecture, une réunion du Conseil Départemental de l’Education Nationale qui doit fixer la carte scolaire pour la prochaine rentrée. La “carte scolaire” ou plutôt, tel que les choses sont engagées, le démantèlement de l’éducation. Les objectifs du ministère de l’éducation nationale pour notre département, c’est 126 suppressions de postes qui représentent, environ, 73 fermetures de classes ! Sur notre territoire, de nombreuses écoles sont concernées par une menace de fermeture, toutes plus injustifiées les unes que les autres. C’est ce que je suis allé dénoncer, lundi matin, sur le Pont de Brotonne, avec Martine Blondel, conseillère générale du canton de Caudebec-en-Caux, Bastien Coriton, maire de Caudebec-en-Caux, Christian Migraine, maire de La Mailleraye-sur-Seine, et la communauté éducative rassemblée. Les communes du canton de Caudebec pourraient voir disparaître 3 classes, une à La Mailleraye, une à l’école Jacques Prévert de Caudebec, une autre dans le regroupement pédagogique qui rassemble Touffreville la Câble, Triquerville et Anquetierville. Dans ces écoles, les fermetures porteraient à plus de 25, voire même à 31, le nombre d’élèves par classe. Qui plus est, elle mettrait à mal l’équilibre que les communes ont su réussir au fur et à mesure, dans le cadre de la constitution d’un regroupement pédagogique. cden-avec-j-yves-merleEn fin d’après-midi, le même sujet m’a conduit à l’école Duteurtre de Notre-Dame-de-Bondeville où j’ai retrouvé Jean-Yves Merle, le maire, Myriam Mulot, son adjointe aux affaires scolaires, et les parents d’élèves inquiets. Là encore, tout s’oppose à la fermeture. L’école table sur 87 élèves à la prochaine rentrée. Si l’on réduit à 3 le nombre de classe, cela fait 29 élèves par classe, ce qui est considérable ! Le pire, c’est que la commune s’apprête à attribuer, dans les prochains mois, 170 nouveaux logements, dans lesquels il y a aura nécessairement des familles avec enfants… Les revendications et les arguments sont les mêmes pour le regroupement pédagogique de La Vaupalière-Montigny, pour l’école André Malraux de Duclair, pour l’école élémentaire de Pissy-Pôville, pour le poste de RASED à Malaunay, pour l’école Franck Innocent de Sahurs, pour l’école Guy de Maupassant du Trait qui avait organisé un rassemblement public samedi dernier. L’école régionale Louis Pergaud de Barentin est également touchée. Cette école dédiée à l’accueil d’enfants de familles dispersées, en difficultés ou de forains et bateliers, fonctionne aujourd’hui avec 5 professeurs d’école spécialisés et 4 mi-temps d’assistants d’éducation. Sur les 5 postes d’enseignants, 3 sont menacés de suppression par l’Inspecteur d’Académie. J’ignore si la présence massive des défenseurs de l’Ecole, devant la Préfecture, cet après-midi, sera plus déterminante que les mobilisations locales, que les interpellations argumentées auprès de l’Inspection académique, mais pour l’Ecole, je ne veux pas et je ne peux pas me résigner. Il faut tout faire pour maintenir les meilleures conditions d’apprentissage pour les enfants.

De la fourche à la fourchette

Vendredi 2 mars 2012

salon1On dit souvent du Salon International de l’Agriculture que c’est la plus grande ferme de France. A parcourir ses kilomètres de travées aux mille saveurs de nos produits du terroir et à voir ses centaines de bêtes, veaux, vaches, cochons, moutons, chèvres, poules, canards…, une véritable Arche de Noé, on le croit volontiers. Plus qu’un lieu, le salon de l’agriculture est un lien solide entre les Français et leurs racines rurales. Des milliers de visiteurs, la plupart des villes, arpentent les allées du salon. Les enfants y vont à la recherche de sensations fortes autour des animaux. Les parents sont friands de produits frais. On y va en famille, entre amis ou en groupes organisés. Pour beaucoup c’est un rituel, un rendez-vous incontournable. J’y vais depuis plusieurs années maintenant. Hier pendant quelques heures, loin du record de François Hollande qui y est resté pratiquement douze heures, j’ai parcouru les différents halls en m’attardant plus particulièrement au niveau des stands de notre région. Si le salon ressemble à une ferme, c’est aussi parfois un village car on y rencontre très vite des gens qu’on connaît. Un vrai petit monde. groupe Ainsi j’ai pu y croiser un groupe de visiteurs de l’association le P’tit Dalot de Villequier, de Caudebec-en-Caux et même Petiville. Jacques Lozay, le dynamique président, avait en effet organisé un déplacement toute la journée. Un peu plus loin au stand de la Gourmandie, je suis allé soutenir le jeune Antoine Jung, un cuisinier prometteur et plein de talent qui s’activait auprès de “toques régionales” pour représenter notre savoir-faire culinaire. J’y ai manqué de peu, Arnaud Genty, le chef duclairois, qui y mettait à l’honneur ses “snackinj”, sorte de mini-hamburger de Saint-Jacques, une invention des plus originales. antoine-jungOn le connaît plus pour sa célèbre recette du canard… L’avantage du salon c’est que les cuisiniers y cotoient les producteurs. Une filière courte grandeur nature. Les cuisiniers n’ont qu’à tendre la main pour prendre les meilleurs produits. Au rang desquels se range une nouvelle fois, notre fameux cidre du Clos des Citots de Heurteauville. Gérard Lenormand a d’ailleurs reçu une huitième médaille pendant le salon. Une habitude pour ce cidre reputé bien au-delà de la Presqu’ïle de Brotonne. Il n’y a pas que les produits qui sont primés. Je suis très heureux que l’association “les Défis Ruraux” présidée par Jean-Paul Commare, ait reçu le trophée de l’agriculture durable des mains du ministre. Tout comme j’ai félicité Vincent Andrieu qui a reçu lundi soir au salon, devant un parterre de responsables agricoles, l’ordre national du mérite. Ancien président du contrôle laitier, éleveur à Villequier et à Anquetierville, il fait autorité en la matière. J’ai souvent eu l’occasion d’apprécier son expertise et sa connaissance du monde de l’élevage et de l’agriculture en générale. Une décoration largement méritée pour un homme discret qui ne court pas derrière les honneurs mais qui a toujours cherché à bien faire son travail et à transmettre sa passion de la qualité et des races animales. Encore une fois, j’ai quitté le salon comme on quitte une ferme ou un village familiers, avec l’envie d’y revenir.

Une occasion manquée

Mercredi 29 février 2012

Cette nuit, un peu après une heure et demie du matin, avant que ne s’achève la séance, j’avoue que j’ai hésité au moment du vote. Une fraction de secondes. Mais quand même. En discussion une proposition de loi pour éviter le détournement d’actifs par un groupe défaillant. La dessus pas de problème, je suis en effet favorable à la mise en œuvre de mesures conservatoires pour empêcher à un groupe mal intentionné de partir avec “le trésor” d’un site de production. L’exemple le plus parlant et présent dans toutes les têtes cette nuit, c’est celui de Petroplus. Les salariés ont su très vite retenir les produits finis à l’annonce de l’arrêt de la raffinerie. Ils détiennent ainsi pour deux cent millions d’euros de produits. Ils les appellent à juste titre leur “trésor de guerre” ou encore “leur tas d’or” et ce n’est finalement que le fruit de leur travail. Cette somme est indispensable pour mener à bien les opérations de redémarrage à la fois complexes et coûteuses. C’est aussi un argument pour attirer un éventuel repreneur. On l’aura compris la proposition de loi, votée dans l’urgence, concerne Petroplus. Ce qui explique au départ un large consensus dans son principe. Elle répondait à une volonté des salariés. Et comme le ministre de l’industrie s’est plu à le répéter plusieurs fois durant la séance, “ce n’est pas une grande loi sur l’industrie, ce n’est qu’une loi très technique”. Mais c’est justement là que le bât blesse. Les députés de mon groupe ont profité de l’occasion pour compléter le dispositif et répondre à d’autres situations industrielles tout aussi inacceptables. Le refus d’un groupe sur le départ de rendre possible une reprise par crainte de voir s’installer un concurrent est une réalité choquante et hélas de plus en plus fréquente. Nous en avons un exemple à Alizay dans l’Eure avec l’entreprise M-Real. L’usine est moderne et performante. Des repreneurs sérieux sont sur les rangs et pourtant le groupe propriétaire préfère le sabordage. Nos amendements visaient à rendre obligatoire pour un groupe défaillant l’examen des propositions de reprises qui lui sont soumises mais aussi l’obliger à céder le site si l’une des offres proposées reçoit la validation du tribunal de commerce et un avis positif des instances représentatives du personnel. Le gouvernement et les députés UMP ont rejeté ces amendements. Tout comme ils ont balayé les amendements favorables à une meilleure implication des personnels dans les procédures de reprises. Tout comme ils ont écarté d’un revers de la main les amendements souhaitant garantir une indemnisation intégrant les droits acquis pour les personnels. Au final cet entêtement de l’UMP laisse un goût amer. D’un côté il faut se féliciter d’une loi Petroplus. D’un autre côté il faut regretter l’absence de loi M-Real ou Florange. C’est la raison pour laquelle j’ai hésité avant de voter pour. Mais je trouve que c’est une occasion manquée. En dix ans, 750 000 emplois industriels ont disparu. Ces trois dernières années 900 usines ont fermé. La situation réclamait une grande loi pour l’industrie. il faudra attendre le printemps. Ou autrement dit il faudra attendre le changement!

Une parole qui fait écho

Mardi 28 février 2012

fh-tf1J’ai regardé hier soir l’émission “Parole de candidat”, sur TF1, dont l’invité était François Hollande. Je l’ai trouvé, une nouvelle fois, très convaincant parce que très en phase avec ce que vivent les Français. Sur l’éducation, sur l’emploi, sur la sécurité, il a répondu de manière concrète et précise. En l’écoutant, je me revoyais face aux personnes que j’ai reçues, ces dernières années, dans mes permanences, les unes confrontées à la difficulté du chômage, ne parvenant pas à bénéficier d’un suivi régulier avec leur conseiller Pôle Emploi trop surchargé, les autres désemparées s’interrogeant sur la manière de réunir l’argent nécessaire pour assumer le placement d’un parent en maison de retraite tout en continuant parfois à subvenir aux besoins de leurs enfants, d’autres encore, révoltées face aux sanctions d’un découvert bancaire qui devenait insurmontable à cause des agios qui s’additionnaient… Ces situations ne sont ni singulières ni exceptionnelles. Elles sont le quotidien de ces Français qui n’en peuvent plus et qui se demandent de quoi l’avenir sera fait. François Hollande a, sur tous ces sujets, apporté des réponses concrètes qui me semblent totalement adaptées aux différents cas décrits. Il a aussi parlé de taxer à 75 % les revenus de ceux qui perçoivent plus d’un million d’euros par an. Y a-t-il quelque chose de scandaleux à cela ? Je ne crois pas et personnellement, je soutiendrai toutes les mesures qui visent à rétablir davantage de justice et d’égalité. Je considère qu’il est plus scandaleux d’enfoncer un salarié qui perçoit de faibles revenus en lui faisant payer des agios que de taxer à 75 % un individu qui vit avec plus de 100 000 € par mois.

La FNATH du Trait

Dimanche 26 février 2012

fnathDans la France des acronymes, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Certains nous sont plus familiers que d’autres. CDI, RSA, SIDA, H1N1, ONU, PSE emplissent notre quotidien et nos écrans. La FNATH c’est plus rare. Et pourtant chaque lettre qui le compose a son importance. Surtout que dans sa longue histoire des lettres ont du s’effacer ou être changées en cours de route. Parce que le combat attaché à cette histoire ou les réalités avaient tout simplement évolués. Au tout début, en 1921, il y avait la FNMIT, la fédération nationale des mutilés et invalides du travail. Cette fédération est née quand des hommes et des femmes courageux ont voulu agir contre les conditions de vie misérables des victimes d’accidents du travail. Leur détermination a très vite porté ses premiers fruits, et la solidarité n’a pas faibli, au contraire. Dès 1927, l’association a pris en charge la défense les accidentés, du travail ou civils. Plus tard, alors que la catégorie du “handicap” s’impose dans l’espace public, cette fédération décide d’accepter l’adhésion collective des membres de la FNMIP, fédération nationale des malades infirmes et paralysés. Cela donne naissance à la FNATH, fédération nationale des accidentés du travail et des handicapés. Puis au fil des ans, la FNATH s’ouvre à des catégories de victimes d’accidents sans lien nécessaire avec une activité salariée. C’est donc tout naturellement qu’elle devient en 2003, la FNATH- Association des accidentés de la vie. Mieux, en 2005 , elle est reconnue d’utilité publique. Voilà ce que j’avais à l’esprit ce matin en pénétrant dans la salle Prévert pour assister à l’assemblée générale de la FNATH du Trait. Danielle Masson, la sémillante et dynamique présidente de la section locale m’attendait à la table d’honneur, entourée de Jean-Marie Aline, le maire du Trait, et de Messieurs Beaudoin et Carpentier qui représentaient la fédération et qui animent aussi la FNATH dans la canton de Lillebonne. Pierrette Canu, la conseillère générale, nous a rejoints. Devant un parterre d’une soixantaine de personnes, nous avons commenté les dernières mesures qui concernent les accidentés de la vie. Avec regret, quand il s’agit des franchises médicales ou encore de la fiscalisation des indemnités journalières. Avec satisfaction quand il s’agit de la mise en oeuvre de la loi de 2005 sur le handicap et notamment la question de l’accessibilité. Avec doute quand il s’agit de la promesse de l’augmentation de l’AAH (Allocation Adulte Handicapé). J’ai constaté avec plaisir la détermination des adhérents à vouloir défendre leur droit et à faire vivre concrétement la valeur de solidarité qui inspire depuis toujours l’association. C’est la même détermination qui avait poussé Baptiste Marcet à fonder la FNATH. En 90 ans, la fédération n’a presque pas pris une ride. Même si les 2500 adhérents de la Haute-Normandie se sentent parfois un peu seuls ou découragés pour mener leur combat et porter leurs revendications. D’où l’importance de les soutenir comme ce matin au Trait.