le 18 mai 2012
le 27 juillet 2010

 Les travaux de la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale sur la gestion de la grippe H1N1, débutés fin mars, ont abouti à un rapport qui laisse beaucoup de questions sans réponse. Très tôt, en juillet 2009, dans un souci de transparence, les députés du groupe socialiste avaient demandé la création d’une mission d’information pour associer la représentation nationale au suivi de la crise sanitaire mais avaient essuyé le refus du gouvernement, au motif que ce serait faire preuve de défiance à l’égard de l’action gouvernementale. La création d’une commission d’enquête a pourtant été accordée, mais au groupe du Nouveau Centre, avec un rapporteur issu de la majorité parlementaire, écartant par conséquent tout membre de l’opposition de sa direction. Trois mois de travail ont abouti à la production de vérités de Lapalisse, de constats flagrants ressortis des auditions: vaccination de masse, rigidité de l’organisation, circulaires inapplicables, mauvaise négociation des contrats pour les vaccins ou bien erreur de ne pas associer les médecins de ville à la vaccination. Que ne savions-nous pas déjà? L’analyse reste peu approfondie: plusieurs points restent non abordés, voire obscurs: pas d’enquête sur les décisions de l’OMS (qui a refusé toute audition), pas d’enquête non plus sur les contrats avec les laboratoires pharmaceutiques, pas d’enquête sur l’expertise scientifique (alors même que les liens éventuels entre les experts et les laboratoires sont au centre des polémiques), aucun paragraphe sur les modalités d’utilisation des antiviraux ni sur leur efficacité en matière de prévention (notamment en cas d’impossibilité de mener une vaccination de masse). Malgré un manque flagrant de statistiques, quelques chiffres ressortent du rapport et font entrevoir l’ampleur du gâchis: 3,46 millions de doses de vaccin jetées quand seulement 5,3 millions de personnes se sont faites vacciner faute d’une organisation viable; 21 millions de doses stockées dont 12 millions qui périment en octobre 2010 et le reste en mars 2011. Tous ces constats démontrent (ce que le rapport ne fait qu’implicitement), l’incapacité du gouvernement à adapter un dispositif construit pour une éventuelle pandémie de grippe, le manque de lisibilité des messages gouvernementaux et la responsabilité gouvernementale dans la remise en cause de la crédibilité des pouvoirs publics en matière de politique de santé publique.

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