Le service public de santé aura-t-il encore un contenu dans quelques années ? Ou bien va-t-on ouvrir grandes, très grandes, les portes de la médecine à deux vitesses ? Je constate malheureusement que les verrous de ces portes sautent au fur et à mesure des décisions. Celle qui s’est confirmée récemment et que nous devrions voir officialisée au début du mois d’août, concerne les activités de chirurgie et les maternités de 54 hôpitaux menacés de fermeture dans les trois prochaines années. C’est l’une des nombreuses mesures du plan de rigueur sur la santé qui, sous couvert d’économies à réaliser, focalise les efforts pour favoriser le secteur privé au détriment du secteur public. Aujourd’hui, dans 54 villes de France - généralement de taille moyenne - on redoute la fermeture de l’hôpital local.
En Seine-Maritime, nos établissements seraient apparemment épargnés. Même si l’hôpital de Lillebonne a été cité dans cette liste, la prise en compte des actes de la critique le mette à l’abri du couperet. Nicolas Beaussart, maire de LIllebonne a reçu des assurances de la part du directeur de l’Agence Régionale Santé. Nos voisins de l’Eure, à Bernay, à Gisors et à Pont-Audemer, ne peuvent pas en dire autant. Une chance pour les habitants de notre département ? Pas vraiment. Ce n’est pas parce que les établissements ferment que les habitants ne sont plus malades ! Il faut s’attendre à ce qu’une partie des malades eurois soient dirigés vers les établissements de Seine-Maritime. Nous le savons tous : les délais pour obtenir un rendez-vous, pour subir une intervention, sont parfois longs. Si nos établissements doivent accueillir davantage de patients, cette attente risque d’augmenter. Qui plus est, aujourd’hui, le gouvernement fixe à 1500 le nombre de séjours annuels qu’un établissement doit enregistrer pour être “rentable” - c’est désormais un mot courant dans le vocabulaire de la sanitaire, il faut s’y faire ! Demain, ce seuil peut encore être relevé ; il concernerait peut-être alors des établissements seinomarins. C’est pourquoi il me semble particulièrement important d’être extrêmement vigilants quant à ce qui se passe en matière de service public de la santé. Nous sommes tous concernés.
le 11 juillet 2010


