Ce devait être le mardi des recalés. Le pitoyable spectacle des bleus en Afrique du Sud n’avait pas d’autre issue possible. Ils ont perdu ce soir face aux Bafana Bafana. Ils avaient déjà perdu le coeur des Français atterrés par l’attitude de joueurs bling-bling. Mais ce ne fût pas seulement le mardi des recalés. Ce fût également celui des décalés. A l’heure des questions au gouvernement cet après-midi, les ministres ont joué les décalés. Plusieurs collègues de mon groupe ont posé des questions sur la fraude fiscale supposée de Madame Bettencourt. Il est légitime de se poser ce genre de question. On parle moralisation des marchés lors des grands sommets internationaux. On y déclare la chasse aux paradis fiscaux. Ce n’est pas inutile d’être exemplaire en la matière. Les ministres ont délibérement choisi de ne pas répondre à la question. Ils se sont succédés pour défendre Eric Woerth le transformant en véritable martyr. Jamais mes collègues ne l’ont mis en cause. Ils ont insisté seulement sur la fraude fiscale. On peut s’interroger sur cette gêne qui gagne le gouvernement. Et que dire du ministre du budget qui du bout des lèvres se réfugie derrière le secret fiscal. Pourquoi une telle protection? La question reste entière. Y-a-t-il eu oui ou non fraude fiscale? Si oui quelle mesure compte prendre le gouvernement? A force de jouer les décalés, ils vont finir par être recalés. On ne s’en plaindra pas.
le 22 juin 2010


