Cela fait plusieurs jours et semaines maintenant que l’actualité repose sur l’attente, voire l’impatience, autour de la réforme du gouvernement sur notre système de retraite. Hier matin, après une pression grandissante, le couperet est tombé. Couperet, car c’est un véritable coup de massue qui vient de s’abattre sur la tête des salariés de notre pays. A l’écriture de ces quelques lignes, je ne sais pas où commencer tant l’annonce gouvernementale me semble loin de la réalité du monde du travail. Premier scandale, le timing. Une réforme présentée mercredi, et les syndicats ont à peine deux jours pour travailler et discuter cette proposition -d’ailleurs est-ce vraiment une discussion ouverte? - que vendredi les choses seront bouclées. Toujours sur le timing, une officialisation le 13 juillet en Conseil des ministres, vite fait bien fait en pleine vacances scolaires d’été histoire de passer les choses en quatrième vitesse dans le dos des salariés, pour un texte à l’ordre du jour du Parlement en septembre. C’est une véritable mascarade de démocratie, un non respect inique voire cynique du dialogue social, reléguant les partenaires sociaux à un rôle de simples témoins, et pas d’acteurs de cette réforme.
Sur le fond de ce texte, par où commencer. Le plus scandaleux, ce sont les salariés qui vont payer la note, et seulement eux. La taxe sur les entreprises, et les hauts revenus est plus qu’anecdotique. Les femmes sont dé-considérées et dévalorisées, surtout celles qui ont des carrières morcelées. Les fonctionnaires, déjà victimes préférées du pouvoir et sacrifiés sur l’autel des économies à tout va, vont voir leur pouvoir d’achat diminuer avec une hausse des cotisations. La pénibilité, le mot est cité, et l’UMP crie haut et fort que c’est une révolution, mais au fond, la pénibilité se résume à un contrôle médical et concernera peu de salariés, alors que sur le terrain c’est une vraie problématique. Et enfin, la parole présidentielle est une fois de plus dévalorisée, souvenons-nous des multiples propos du président affirmant qu’il ne touchera pas à l’âge légal du départ à la retraite car ne l’ayant pas proposé dans son programme présidentiel de 2007, il n’en pas pas reçu le mandat par le suffrage universel. Résultat, l’âge légal est repoussé à 62 ans, avec en prime, le passage à 65 ans comme curseur pour le benéfice du taux plein de la retraite pour ceux qui ont eu une carrière morcelée. Alors, j’espère que le 24 juin les salariés vont répondre nombreux à l’appel des syndicats et des forces de progrès de ce pays pour dire haut et fort que nous ne voulons pas de cette réforme qui n’en a que le nom, et rejeter cette injustice social et la casse de notre modèle social que prépare le gouvernement.
le 17 juin 2010


