Ca y est. Ils l’ont fait. Ou plutôt, ils vont le faire. Sans sourciller, sans sembler embarrassé, le gouvernement a sonné le glas de la retraite à 60 ans. Le président de la République enterre une promesse de campagne. Encore une. Nous venons de perdre gros. Un acquis social est tombé. La retraite a 60 ans aura duré moins de 30 ans. Pour ceux qui ont connu la victoire de 1981 et les conquêtes de 1982, quelque chose s’écroule. Une page se tourne. Cette annonce n’est pas seulement symbolique. Elle va se traduire concrètement par des années supplémentaires de cotisations, de travail ou de galères, pour les quinquagénaires qui ne parviennent pas à retrouver une activité. Et malgré cette décision qui impactera la vie de chacun, notre système de retraites demeure dans une impasse financière. L’âge légal de départ à la retraite n’est qu’un maillon de la chaîne. Le gouvernement en a fait l’alpha et l’omega mais le problème reste entier. Qu’en est-il de la prise en compte de la pénibilité au travail et de la différence d’espérance de vie selon les emplois occupés durant la carrière ? Qu’en est-il de l’activité des seniors et du grave problème du chômage des salariés âgés ? Qu’en est-il de la nécessité d’améliorer le niveau des pensions ? Ces questions restent sans réponse. Mais la droite parvient à ses fins. Abolir la retraite à 60 ans, c’était déjà le dessein des réformes Balladur et Fillon. Elles n’avaient rien réglé. Elles avaient provoqué mobilisations et cortèges. J’espère que beaucoup ont encore des forces pour, cette fois encore, mener la bataille.
le 26 mai 2010


