le 06 février 2012
le 17 juillet 2009

“Si le travail est l’opium du peuple, je ne veux pas mourir drogué”. On célèbre aujourd’hui le cinquantième anniversaire de la mort de l’auteur de cette phrase, Boris Vian. Mais l’esprit est très différent car même si certains y sont allés à reculons, les députés de droite, UMP et Nouveau Centre, ont voté, mercredi dernier, pour la banalisation du travail dominical. Le ministre Darcos n’a pas le beau rôle : il y a un an, comme ministre de l’éducation nationale, il faisait adopter la loi sur le service minimum d’accueil à l’école, loi dont les parlementaires socialistes avaient prédit qu’elle serait inutile, inefficace et inapplicable. Comme ministre du travail, ces derniers jours, il devait assumer la proposition de loi du député Mallié, elle aussi inutile, inefficace et inapplicable. Tout est choquant dans cette loi. Le fait qu’elle tourne le dos à l’histoire, au progrès et aux conquêtes sociales de nos parents, de nos grands-parents, c’est choquant. Le fait qu’elle sacralise le “tout consommation” est un choix de société choquant. Le fait qu’elle est présentée comme une mesure qui peut répondre à la crise, c’est choquant quand on sait que ce sont des dispositions en faveur de l’emploi des jeunes et des seniors, du pouvoir d’achat, qu’il faudrait prendre. Le fait que le Président de la République ne se soit pas contenter de déclarer que “travailler le dimanche n’est pas un drame” et qu’il ait dit aux députés de droite que “ce texte serait la marque d’une famille politique qui assume ses convictions”, c’est choquant car on n’est pas député pour servir une idéologie mais l’intérêt général. Cette loi, tant sur le fond que sur la forme, résume à elle seule l’état d’esprit de la droite aujourd’hui.

Laissez un commentaire