Cette semaine, le Président de la République a annoncé un plan. Un énième plan, cette fois-ci destiné à limiter les effets de la crise. J’aimerais sincèrement y croire, me persuader que c’est la bonne option, imaginer que ce sera efficace. Mais je n’y crois pas.
Je n’y crois pas d’abord parce qu’avant d’aggraver la dette de l’Etat de 26 milliards d’euros, il aurait été plus judicieux de commencer par revenir sur le ”paquet fiscal” adopté il y a un an et demi, qui nous coûte chaque année 15 milliards d’euros et qui montre, au fil du temps, sa très grande inefficacité. En cette période où chacun est appelé à faire des efforts, seuls les plus aisés continuent de bénéficier de confortables niches fiscales. Ce plan n’y changera rien.
Je ne crois pas non plus à ce plan qui me semble déjà trop tardif. Notre Président de la République semble avoir constamment une crise de retard. Déjà avec la crise des banques, c’est après beaucoup d’autres pays qu’il a annoncé les mesures. Pour l’emploi et la croissance, nos voisins européens ont déjà agi et réagi. En France, il a fallu attendre jeudi. Pourtant, les prévisions pour l’emploi sont connues depuis plusieurs semaines : 300.000 emplois vont disparaître dans les prochains mois. Pour les salariés de Renault, pour ceux de Wagon Automotive, pour ceux de Timken France, pour ceux de Lear, pour ceux d’EMT Composant, pour ceux de Johnson Controls, et pour de nombreux autres encore, ce plan ne changera rien.
Enfin, je ne crois pas à un Président qui annonce, d’une part, un plan où il s’agit de doper l’investissement, et qui, d’autre part, prive les collectivités locales de leurs ressources. Pourtant, les collectivités locales réalisent 75 % des investissements publics. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles font tourner l’économie ! Malheureusement, elles ont de moins en moins de crédits pour continuer d’alimenter la commande publique.


