Je veux aujourd’hui m’adresser aux salariés du secteur privé, aux employeurs et aux demandeurs d’emploi pour les inviter à participer massivement aux élections prud’homales. A l’heure où la précarité dans le travail est grande, il paraît très important de manifester notre attachement à une relation juste entre employeurs et salariés. De plus, mieux vaudrait adresser un signe au gouvernement qui ne soit pas celui d’une participation faible et déclinante. On pourrait en effet imaginer que la droite hésite moins à détricoter le code du travail en constatant une démobilisation des travailleurs de ce pays.
Je me permets d’insister en soulignant que nos Prud’hommes sont une spécificité en Europe. Ailleurs, les tribunaux du travail ne sont pas gérés par des élus, mais par des professionnels. De ce fait, les salariés, pour se défendre, doivent financer des procédures coûteuses. Il serait donc intéressant que la France puisse se prévaloir d’un taux de participation important pour défendre son modèle.
Enfin, un autre argument en direction des employeurs. Pour la deuxième fois, l’association des employeurs de l’économie sociale (AEES) va présenter ses listes avec l’objectif d’obtenir un score suffisant pour être reconnue comme partenaire au niveau national. Actuellement, les 760 000 entreprises et les 2 millions de salariés de l’économie sociale (associations, coopératives, mutuelles de santé et mutuelles d’assurance, fondations et établissements sanitaires à but non lucratif) ne sont pas partie prenante des négociations nationales où seuls le MEDEF, la CGPME, l’UNAPL (professions libérales), l’UPA (artisanat) et la FNSEA (agriculture) sont reconnues comme représentative. Ce serait une avancée que l’AEES le soit également.


