Plus de trois cent personnes s’étaient entassées ce matin dans la salle polyvalente de Yainville pour rendre hommage au parcours exceptionnel de Jean-Louis Claudet, élu communal de 1959 à 2008. Dans le parterre, de nombreux élus du canton, des responsables associatifs, des chefs d’entreprises et des habitants venus témoigner leur sympathie et leur respect pour celui qui a été maire pendant vingt cinq ans sans discontinuité.
Anne-Marie Del Sole, aujourd’hui maire de la commune, a pris la parole pour retracer le parcours de Monsieur Claudet, mélangeant le versant professionnel et politique avec le versant intime. Un exercice émouvant et sensible. Bernard léger, le conseiller général du canton, a rappelé quelques anecdoctes vécues en commun. Michel Régé, pour la ville du Trait, a salué l’artisan infatigable de l’école de musique, présente dans la salle et dont les interprétations de qualité servaient d’intermèdes musicaux entre chacune des interventions. Avant que Monsieur Thénault, Préfet de région, ne remette la médaille d’or à Monsieur Claudet, on m’a invité à prendre la parole. Voici de larges extraits de mon intervention.
” Ce matin tout concourt à faire écho à la célèbre phrase du philosophe ” rien de grand ne se fait sans passion”. Le livre ouvert de votre vie politique, dont les pages viennent d’être égrénées avec talent et non sans émotion par Madame Del Sole, en témoigne.
A travers les changements, les transformations, les progrès et les épreuves qu’a connus votre ville, s’expriment avec force le talent et la passion d’un homme…
Passion d’une ville d’abord à qui vous donnez beaucoup, votre énergie, votre enthousiasme, votre générosité, votre tenacité, vos intuitions souvent géniales comme dans le domaine économique. Ethymologiquement mairie signifie maison du maire. Pour vous, c’est encore plus vrai tant vous y passez du temps parfois au détriment de votre famille. Tout marin qui se respecte possède un port d’attache. Pour vous ce port d’attache s’appelle Yainville….
Passion d’une responsabilité ensuite. Celle de maire, le plus beau des mandats. Celui qui veille au développement de son territoire, qui assure le quotidien de ses administrés. Celui qui propose, qui négocie, qui représente, qui défend et qui reçoit. Ils sont nombreux les habitants de votre ville qui sont un jour venus se confier à vous, chercher un soutien, un réconfort, une solution à leur difficulté du moment. La porte de votre bureau a toujours été grande ouverte comme votre coeur…
Passion de l’action enfin. Monsieur Claudet n’est pas du genre à rester les bras croisés, ni à renoncer au premier obstacle rencontré. Il aime le mouvement. Il refuse la fatalité comme en 1985 pour la centrale électrique. Il considère que l’on peut peser sur le cours des choses. Votre formation initiale, d’ingénieur dans l’armement maritime, vous a familiarisé avec la mécanique des fluides. Vous êtes sans doute habitué à mettre en équation les forces en présence. Dans la vie comme en mécanique il n’est pas rare de rechercher l’équilibre. Equilibre stable ou instable mais équilibre quand même. Dans votre ville vous n’avez cessé de vouloir et de chercher l’harmonie. Des entreprises pour les emplois et les ressources communales. Des équipements pour les habitants. Des activités pour les familles. Des aménagements pour tous. Voilà le carré d’or de votre action au service de votre ville. Après toutes ces belles années consacrées à Yainville, on peut dire de vous que, sa vie c’est sa ville et sa ville, c’est sa vie. Vous incarnez plus que jamais Yainville.
Je crois pouvoir être le porte-parole de nombreux élus présents dans cette salle en témoignant de l’admiration que nous avons pour votre parcours, pour votre force de caractère et votre générosité.
Vous allez recevoir une médaille d’or. Une distinction ô combien méritée. J’ai lu quelque part que vous étiez un maire en or. Au delà de la signification de l’or, sa rareté, sa valeur presque universelle, son éclat sa robustesse, ce symbole qui traverse les âges, la convoitise qu’il crée, ce lien que l’on peut faire avec les ors de la République, vous qualifier de maire en or, c’est aussi une marque d’affection.
Le plus bel hommage, la plus grande des reconnaissances pour vous, c’est, je le sais, le sentiment du devoir accompli. C’est cette intime conviction que vous avez évité à votre ville le pire des destins économiques et offert à vos habitants un avenir et un territoire harmonieux. La République aime reconnaître ses meilleurs serviteurs, nous aimons tirer notre révérence à ceux qui peuvent guider nos pas quand le doute s’installe ou quand le feu sacré de l’action diminue. Je n’ai pas peur de dire que vous êtes un exemple. Alors, un grand merci d’avoir imprimé les plus belles pages de votre vie dans le grand cahier de la République. Et puisqu’il faut toujours un cap, et une vigie : gardez le cap de bon espérance et portez-vous bien !”
le 30 août 2008



c’est magnifique
bien à vous
Beaucoup d’émotions partagées entre ce grand (petit) bonhomme et l’ensemble des gens (dont je suis) qui ont eu la chance de croiser son chemin. Merci pour tes propos, justes et chaleureux, à la hauteur de l’homme et de l’évènement.